Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Hommage à Youssef Chahine de l'institut français - Images incisives

Théodora Sy Sambou

16 Décembre 2008


Il y a quelques mois tout juste, le réalisateur égyptien Youssef Chahine disparaissait à l'âge de 82 ans, victime d'une attaque cérébrale. C'est à la mémoire de son génie que l'Institut français de Dakar lui rendra hommage ; ce sera les 22 et 23 décembre prochains.

Il avait plus d'une corde à son arc, Youssef Chahine, mais le 27 juillet dernier, celle de son existence terrestre se rompait pour l'éternité, livrant des coeurs meurtris au grand vide de son absence, le trou noir...Le réalisateur égyptien qu'il a été, savait aussi se mettre devant la caméra, à l'aise dans son jeu d'acteur.

Et lorsqu'il le fallait, c'est avec les mots qu'il valsait, rédigeant quelques scénarii. Comme pour se dresser contre l'oubli, l'Institut français Léopold Sédar Senghor lui rendra hommage les 22 et 23 décembre prochains, apprend-on d'un communiqué parvenu à notre rédaction.

Pour un homme qui avait su vivre pour le cinéma, c'est deux de ses films qui seront projetés : Alexandrie...New-York et Le Destin.

Alexandrie...New-York, sorte de pont tracé entre l'ici et l'ailleurs, est l'histoire de Yéhia, le personnage principal du film, réalisateur égyptien lui aussi. Le récit lui-même est si plein de cette tranche de vie où Youssef Chahine s'exila à Pasadena, en Californie, ses « années américaines » dira-t-on.

A l'époque, il poursuivait déjà son rêve de cinéma, rêve américain sans aucun doute. Avec Le Destin, deuxième à "uvre au menu de l'hommage en question, Youssef Chahine est bien plus incisif. Car il se dresse « contre tous les intégrismes ».

Le prétexte, c'est l'histoire du philosophe Averroès, victime en son temps de la censure et de la répression des « intégristes religieux ». Dans une Andalousie arabe aux nombreux remous intellectuels, il « faut sauver l'Ã "uvre du philosophe ».

Alexandrie...New- York ou Le Destin, deux films de Youssef Chahine, mais la liste est bien plus longue. La filmographie du réalisateur égyptien compte plusieurs dizaines d'oeuvres : Papa Amine, le premier de la liste, date de 1949, on se souviendra encore de Adieu Bonaparte en 1985 ou de Silence...on tourne en 2001.

D'un film à l'autre, le célèbre réalisateur égyptien s'est souvent retrouvé « confronté à la censure », mais jamais il ne renoncera, « alliant la dénonciation à l'analyse », évoquant l'histoire, la marche du monde, ou se laissant aller à quelques films un peu plus personnels.

En 2007, pour le soixantième anniversaire du Festival de Cannes, il participait, avec une trentaine d'autres réalisateurs, au film collectif Chacun son cinéma.

Au mois de juin de cette année 2008, une attaque cérébrale le plongera dans le coma. Il s'éteindra quelques semaines plus tard, Youssef Chahine avait 82 ans.

Né le 25 janvier 1926 à Alexandrie, il sera élevé « dans la foi chrétienne ». Au Victoria College d'Alexandrie, « il recevra une éducation en anglais ».

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