Le Potentiel (Kinshasa)

Zimbabwe: L'épidémie de choléra n'est «pas sous contrôle»

16 Décembre 2008


Kinshasa — L'épidémie de choléra qui a éclaté au Zimbabwe début août n'est toujours «pas sous contrôle», a affirmé vendredi l'OMS. Selon cette organisation, 16.700 cas de choléra étaient recensés en date du 11 décembre, principalement dans la région de la capitale Harare avec 8042 cas. L'OMS a signalé une augmentation du nombre de personnes affectées à la frontière avec l'Afrique du sud, en majorité dans la région de Limpopo: 750 personnes malades et 11 morts, selon des chiffres du 7 décembre.

Concernant les cas recensés du côté sud-africain de la frontière, l'agence onusienne se dit toutefois dans l'incapacité de dire s'il s'agit de personnes venues du Zimbabwe ou de locaux. L'OMS a également détecté «quelques cas mineurs» -sans précision de chiffres- aux frontières avec le Mozambique et le Botswana.

«L'épidémie de choléra n'est pas sous contrôle actuellement», a déclaré la porte-parole de l'OMS, Fadela Chaib. L'organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a, pour sa part, estimé que l'épidémie pourrait durer des mois, ajoutant que «l'ampleur et le nombre même des infections spécialement à Harare la capitale sont sans précédent». «Harare a été l'épicentre de l'épidémie et MSF a traité plus de six mille personnes dans cette capitale densément peuplée», a ajouté l'organisation dans un communiqué à Johannesburg.

«Une épidémie de choléra de cette ampleur dure habituellement plusieurs mois et MSF s'attend à devoir traiter les patients atteints par le choléra durant un certain temps au Zimbabwe», selon le texte. «Le fait que l'épidémie soit devenue si importante est une indication que le système de santé du pays ne peut y faire face», déclare encore l'organisation. Le diagnostic de l'OMS contredit les propos jeudi du président du Zimbabwe Robert Mugabe selon lequel il n'y avait «plus de choléra» dans le pays.

L'OMS a estimé vendredi qu'il lui faudrait encore plusieurs jours, voire semaines, pour évaluer l'impact des mesures mises en oeuvre par les autorités zimbabwéennes en lien avec l'Onu. «Il nous faut encore plusieurs jours, voire semaines pour estimer avec plus de détails si nous avons été en mesure de réduire le nombre de victimes dans certaines régions», a estimé Mme Chaib. «Pour l'instant, nous travaillons calmement et avec sérénité avec les autorités du Zimbabwe», a affirmé la porte-parole de l'OMS.

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