Sénégal: Ndongo D - "Sakré corruption traduit l'engagement des rappeurs contre ce phénomène"

Le rappeur Ndongo D a comparé, mardi, à Dakar, le nouvel album intitulé "Sakré Corruption" de son groupe, les Daara J Family, à "un engagement à la fois social et musical pour lutter contre la corruption".

"C'est à la fois un engagement social et musical pour que les Sénégalais retrouvent la voie. Artistiquement c'était une expérience enrichissante.

On a espoir que les Sénégalais entendront ce cri qui vient des bas-fonds, des pauvres, des populations qui n'ont pas droit à la parole", a-t-il notamment fait valoir au cours d'un point de presse.

"Sakré corruption" est le titre d'une compilation musicale produite par le label +Sakré production+. L'album réunit plusieurs groupes de rap qui ont composé des textes musicaux sur le thème de la lutte contre la corruption.

Les titres de l'album illustré par un gateau sur lequel se précipitent des couteaux de toutes sortes tenus par des personnes dont on ne voit que la main, seront ainsi présentés au grand public mardi prochain lors d'un concert gratuit au boulevard Centenaire de Dakar.

"Nous représentons le dernier jalon contre la corruption. Au moment où les populations subissent une crise intense et que le désarroi s'installe, on a pris l'engagement formel de nous élever contre la corruption", a souligné Ndongo D.

"Nous avons espoir, parce qu'il y a toujours des gens qui s'engagent socialement et politiquement pour faire changer les choses.

Si nous unissons nos efforts, le combat contre la corruption peut avoir plus d'impact. Et les rappeurs sont toujours du côté du peuple", a-t-il indiqué.

"Quand on parle de fonds publics qui n'arrivent jamais à leur vraie destination, a-t-il affirmé, on ne peut pas se taire. Il y a aujourd'hui une emprise du système sur les informations et sur le peuple".

Le rappeur Ndongo D, membre avec Faada Freddy, du groupe Daara J Family, fait partie des pionniers de ce genre musical au Sénégal. En compagnie de Lord Aldji Man, le duo constituait, jusqu'à une date récente, le groupe Daara J.

En 1994, les Daara J sortent une première cassette éponyme qui dépasse les 15.000 exemplaires. Un succès qui incite le trio à poursuivre l'aventure et à s'investir davantage dans le hip hop.

En 1998 sort leur deuxième album "Xalima" (qui signifie "la plume et l'encre") , un projet ambitieux conçu sur le modèle d'une trilogie passé/présent/futur. Ils ont choisi d'enregistrer et de mixer l'album au Sénégal avec l'aide de deux ingénieurs du son anglais et français.

En février 2003, sort Boomrang, le premier album du groupe sur le label BMG qu'il enregistre dans différents studios parisiens.

"Boomrang" sonne comme une grosse production de rap américain à travers l'impressionnante liste d'invités ayant rejoint le trio dakarois sur cet opus.


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