L'Autre Quotidien (Cotonou)
Léon Brathier
18 Décembre 2008
On sait combien, chaque tentative de faire une révision opportuniste de cette constitution s'est heurtée à la résistance des Béninois et d'une bonne partie de sa classe politique. Pour avoir décidé, respectant ainsi ses promesses de candidat, de réviser la constitution, se fondant sur la nécessité d'en corriger quelques imperfections relevées par les politiques et les constitutionnalistes, le chef de l'Etat s'est certainement fondé sur des considérations légitimes et objectives.
Raison pour laquelle un aréopage de personnalités expérimentées, spécialistes et connaisseurs de la constitution du 11 décembre 1990 a accepté de se prêter à cet exercice, qui sous d'autres cieux en Afrique ont soulevé méfiance et tollés. D'ailleurs, le président de la république en annonçant à ses compatriotes qu'il allait réviser la constitution, s'est bien gardé d'aller sur des terrains qui pourraient susciter un lever de bouclier dans la classe politique comme dans l'opinion publique, tels le mandat présidentiel et la limitation d'âge.
On peut dire donc sur cet aspect émotif, que les balises ont été posées au départ. On peut par conséquent, supposer aisément que c'est à l'intérieur de cette balise que la commission a fait son travail.
Le chef de l'Etat a pris acte du rapport et fait ses observations. Depuis, certains citoyens ont publié des aspects qui leur semblaient essentiels pour cette révision dans la presse, certains estimant même que la commission étant indépendante ne devrait pas revenir sur son travail si tant est qu'elle a respecté l'esprit général de notre démocratie et du fonctionnement de ses institutions dans une vision évolutive tout en préservant le fondement du consensus qui a toujours permis aux Béninois, de la respecter et de désavouer toutes les institutions qui tentent de ne pas se plier à ce respect. L'équilibre politique et social du pays en dépend. Mais il ne faut pas en la matière faire de la science infuse.
Pour que le débat soit ouvert et transparent, il devra être agité tôt dans l'opinion pour qu'on puisse recueillir ses appréciations, ses craintes, et en tenir compte, afin de faciliter ainsi plus tard la vulgarisation et l'adoption du texte difinitif. Il faudrait donc que le rapport de la commission soit porté à la connaissance du public pour en connaître les différentes propositions de révision, si elles sont conformes à ses aspirations, avoir les points de vue du peuple, dans un esprit participatif.
Pour M. Ahanhanzo-Glèlè, c'est la seule manière pour avoir une constitution qui agrée le maximum des Béninois qui en feront leur loi suprême et d'avoir un texte cohérent. Une nouvelle loi fondamentale qui, adoptée, devra être appliquée effectivement et respectée, parce qu'acceptée par le maximum des citoyens.
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