Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Gouvernement d'union nationale - L'Afrique du Sud privilégie le dialogue

Pierre Emangongo et Bienvenu Ipan

18 Décembre 2008


Kinshasa — Le président Sud-africain, Kgalema Motlante, privilégie le dialogue en vue d'un gouvernement d'union nationale au Zimbabwe. En plus, son pays reste le seul à résister contre le départ de Mugabe.

L'Afrique du Sud continue à privilégier les négociations pour un gouvernement d'union nationale au Zimbabwe en dépit de la crise humanitaire et politique dans laquelle s'enfonce ce pays, refusant hier mercredi 17 décembre, de se joindre aux appels visant le départ du président Robert Mugabe, a rapporté l'AFP.

Le président de la première puissance économique du continent, Kgalema Motlanthe, a déclaré espérer la formation «cette semaine» d'un gouvernement d'union nationale. Il a aussi annoncé le lancement par la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) d'«une campagne internationale d'urgence» pour lutter contre le choléra.

L'épidémie de choléra a déjà fait près de 1.000 morts et plus de 18.000 malades depuis août. Si rien n'est fait, elle pourrait toucher quelque 60.000 personnes, selon des organisations internationales, qui estiment,par ailleurs, que la moitié de la population est menacée de famine en raison de l'effondrement de l'économie.

Interrogé pour savoir jusqu'à quel point les conditions devaient se dégrader avant que Pretoria (Afrique du Sud), allié de Harare, ne demande au président Mugabe de partir, M. Motlanthe a répondu: «Ce n'est vraiment pas à nous» de faire de telles demandes.

Le seul pays

«Je ne sais pas si les Britanniques se sentent qualifiés pour imposer au peuple zimbabwéen (le départ de M. Mugabe : ndlr), mais nous estimons que nous devons vraiment soutenir les Zimbabwéens», a ajouté M. Motlanthe lors d'une conférence de presse à Pretoria. L'Afrique du Sud, qui préside actuellement la SADC, a ainsi été le seul pays à refuser lundi d'adopter au Conseil de sécurité de l'Onu une déclaration non contraignante condamnant l'incapacité du régime de Robert Mugabe à protéger la population de la faim et de la maladie, selon des diplomates.

Pour être adoptée, une déclaration nécessite l'unanimité des quinze membres du Conseil, dont de nombreux pays ont réclamé le départ de M. Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980.

La Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la France, le Canada, et depuis le mercredi 10 décembre 2008 l'Australie, ont demandé à M. Mugabe de quitter la présidence, alors que son pays traverse une grave crise politique depuis les élections générales de mars et connaît une hyperinflation inouïe de 231 millions % ainsi qu'une crise humanitaire sans précédent qui affecte aussi les pays voisins.

L'opposition a également dénoncé une répression croissante. Plus de 20 opposants ont été enlevés, selon elle, et des ONG ont rapporté quatre enlèvements début décembre de défenseurs des droits de l'Homme.

En définitive, le président Robert Mugabe et l'opposant Morgan Tsvangirai devront surmonter leurs divergences pour saisir cette opportunité de la dernière chance que leur offre le sud africain Kgalema Motlante afin de mettre un terme au chaos du Zimbabwe.

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