Fraternité Matin (Abidjan)
Gooré Bi Hué
18 Décembre 2008
Abidjan — Le document préliminaire devant conduire au point de décision de l'initiative PPTE vient d'être signé à Washington aux dires des représentants des institutions de Bretton Woods. La nouvelle est bonne. Les conseils d'administration du Fmi et la Banque mondiale viennent d'approuver, respectivement les 12 et 16 décembre derniers, le document préliminaire de réduction de la dette de la Côte d'Ivoire, dans le cadre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).
L'information a été donnée hier, au cours d'un point de presse co-animé par le représentant résident du Fmi en Côte d'Ivoire, Philippe Egoumé, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d'Ivoire, Madani M. Tall, et le directeur de cabinet du ministre de l'Economie et des Finances, Emmanuel Koffi Ahoutou. L'approbation de ce document montre que la voie qui conduit au point de décision de l'initiative PPTE, c'est-à-dire à une réduction substantielle de la dette extérieure ivoirienne dont le stock est évalué à 14 milliards de dollars, soit environ 7000 milliards de FCFA, est plus que claire.
Elle traduit, en fait, la concrétisation de la volonté de la communauté financière internationale d'accompagner l'Etat ivoirien dans ses efforts de sortie de crise. Ce d'autant que « la décision prise de faire coïncider l'approbation du programme économique et financier soutenu par la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (Frpc), avec le point de décision de l'initiative PPTE est inédite », Dixit Emmanuel Koffi Ahoutou.
Le point de décision, a annoncé le directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d'Ivoire, pourrait intervenir d'ici à février 2009. Mais pour atteindre cette étape importante pour l'avenir du pays, «nous devons continuer à travailler avec les autorités pour préparer ce qu'il faut pour atteindre le point de décision», a dit le représentant résident du Fmi, Philippe Egoumé.
Qui précise que ce travail en question porte entre autres sur la préparation d'un ensemble de documents devant conduire à la conclusion du programme Frpc, la finalisation du calcul de la dette et celle du document de stratégie de réduction de la pauvreté (Dsrp). Dans ce cadre, une mission du Fmi est attendue en janvier 2009 pour apprécier l'exécution des tâches restantes. Philippe Egoumé a tenu à souligner que les dépenses hors budget qui avaient été relevées par la dernière mission conjointe Fmi-Banque mondiale (fin novembre- début octobre 2008), ont été intégrées au budget 2008, conformément à la promesse faite par les autorités.
« Nous nous sommes entendus avec les autorités afin qu'à l'avenir toute dépense, quelle que soit sa nature, soit reflétée dans le budget », a conclu le représentant résident. En tout état de cause, les représentants des institutions de Bretton Woods notent qu'un travail colossal a été abattu par le ministère de l'Economie et des Finances pour qu'on en arrive à l'approbation du document susmentionné.
C'est pourquoi, le directeur des opérations de la Banque mondiale a salué l'engagement des dirigeants dans ce processus certes contraignant mais salvateur qu'est la transparence dans la gestion des ressources et finances publiques. Salvateur, parce que l'obtention du point de décision de l'initiative PPTE évitera à la Côte d'Ivoire de consacrer, annuellement, environ 500 milliards de FCFA (1/4 de son budget) au paiement de la dette extérieure.
Contraignant parce que, comme l'a rappelé le directeur de cabinet du ministre de l'Economie et des Finances, Emmanuel Koffi Ahoutou, la conclusion du programme Frpc et le bénéfice de l'initiative Ppte sont soumis à quatre conditions majeures : l'apurement des arriérés de dettes de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (Bad), d'un niveau global de 465 milliards de FCFA ; respectivement 225 milliards pour la première et 240 pour la seconde.
Avec une concession de la moitié de ce qui lui est dû, la Banque mondiale a permis au pays d'apurer le reliquat depuis, favorisant ainsi la reprise de la coopération. Quant à la Bad qui a également concédé les 2/3 de sa créance, l'Etat lui a déjà remboursé 50 milliards.
Outre ce qui précède, l'Etat devait également faire face au financement de la sortie de crise dont le coût est évalué de 2006 à ce jour à 249,3 milliards de francs CFA ; tout en continuant à honorer ses engagements liés au fonctionnement courant de l'Etat. Ce coût atteint un niveau global de 1 326,9 milliards de francs en 2008, dont 707,7 milliards (soit 7% du PIB et 53% des dépenses de fonctionnement) au titre des salaires, et le reste au titre des dépenses ordinaires.
A ces conditions se greffent la bonne gouvernance, et notamment la normalisation du calendrier budgétaire, la publication trimestrielle des informations relatives aux flux physiques et financiers des secteurs clés de l'économie nationale (café-cacao, énergie, pétrole, etc.), la gestion rigoureuse des finances publiques en vue d'en dégager un solde primaire de base de 0,8% du produit intérieur brut (Pib), tout en respectant les contraintes liées aux dépenses.
Au cours de ce point de presse, le directeur de cabinet du ministre de l'Economie et des Finances, a révélé que le budget 2009 sera présenté ce jour en Conseil des ministres extraordinaire. Et qu'il table sur une croissance d'environ 3,9% au terme de l'année contre 4,3% projeté initialement par la Côte d'Ivoire et 5,3% par le Fonds.
Mais l'impact à venir de la crise financière internationale sur l'économie n'étant pas à négliger, le taux de 3,9% est finalement retenu. Rappelons que pour 2008, le taux de croissance prévu était de 2,9%, et pourrait se confirmer en dépit d'un léger tassement des investissements.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2008 Fraternité Matin. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.