Joseph Mensah, 18 Décembre 2008
18 Décembre 2008
Afin de toucher plus directement les cibles concernées par les différentes dispositions prises dans les divers textes, lois et ratifications afférents aux violences, maltraitances et déplacements illégaux perpétrés sur la personne des enfants, l'ONG ATP a préféré rassembler au cours de ses dernières séances de sensibilisations des populations de la commune de Grand-Popo sur le fonctionnement de la justice au Bénin des parents, élèves et transporteurs inter frontaliers pour leur transmettre par endroit le message que le Projet d'appui au secteur de la justice (Pasj) du Magistrat Rémy Kodo soutenu financièrement par la Coopération technique Belge (CTB) lui a confié pour trois mois durant.
Par conséquent, ses équipes ont sillonné parmi tant d'autres les localités comme les villages de Nicoué-condji, Hêvè, Ewé-condji, Allongo, Avlo-village et Djanglanmè où les participants sont sensibilisés en occurrence sur le thème « droits de l'enfant : violence et répressions ».
En effet, les populations des villages de Nicoué-condji, de Hêvè, d'Ewé-condji, d'Allongo, d'Avlo-village, de Djanglanmè et singulièrement des élèves et écoliers du Collège d'Enseignement Général (CEG) de Djanglanmè et de l'Ecole Primaire Publique (EPP) d'Avlo-village sont sensibilisés sur le dernier thème de la campagne de sensibilisation sur le fonctionnement de la justice au Bénin de trois mois, organisée dans la commune de Grand-Popo par le « Pasj/Ctb » intitulé « droits de l'enfant : violence et répressions » les 11 et 12 décembre 2008 par l'entremise des six (06) animateurs de l'ONG Association Terre Promise (ATP).
Au cours de ces séances, les animateurs Karim Gbadamassi, Léontine Symènouh, Martin Codjo Tohouénou, Ludovic Tovignon, Comlan Kpadé et John Augustino Francey n'ont pas hésité à sortir du contexte spécifique du thème du jour dans leurs développements divers pour étendre leur message sur les trois autres thèmes passés, à savoir ; « Rôle de la justice au sein de la société », « Les TC au service des communautés : compétences et mode de saisine » et « Les OPJ, auxiliaires et acteurs non formels : compétences et attributions ».
Par conséquent, presque toutes ces séances ont duré plus que les deux heures d'horloge prévues par séance. Donc, globalement tout le résumé succinct du message apporté aux populations de ces contrées se restreint aux principes fondamentaux de la justice, à l'organisation judiciaire et la Cour Constitutionnelle, aux auxiliaires et intermédiaires de la justice et enfin aux droits de l'Homme et de l'enfant en république du Bénin où un accent particulier est mis sur la société civile et la question des droits de l'Homme, la violation des droits de l'enfant et les mécanismes de poursuite avec rappel de quelques dispositions administratives et pénales tirées de la loi n° 2006-04 du 05 avril 2006 portant condition de déplacement des mineurs et répression de la traite d'enfants en République du Bénin. Ainsi, le jeudi 11 décembre 2008, l'animateur Comlan Kpadé a sensibilisé en « mina » de 08h à 10h, 72 participants dont 50 hommes regroupés à la place publique de Nicoué-condji par le Chef du village Elisabeth Kossiwa Vlavo.
De 08h à 10h, les animateurs Ludovic Tovignon et John A. Francey ont sensibilisé en « mina » à la place publique d'Ewé-condji 85 participants dont 60 femmes regroupés par le Chef du village Abi Kocou. Par contre à Hêvè de 15h à 17h, les animateurs Léontine Symènouh et Karim Gbadamassi ont sensibilisé en « mina » et en « xwlagbé » sous une paillote sise au bord du lac popo tenant lieu de place publique 35 participants dont 20 hommes regroupés difficilement par le Chef du village Diaz Comlan.
Le vendredi 12 décembre 2008 de 08h à 12h, les animateurs Comlan Kpadé et Martin C. Tohouénou ont sensibilisé chronologiquement de 08h à 10h en « xwlagbé », 80 participants dont 26 femmes à la place publique d'Allongo où il est remarqué la présence effective du Chef d'Arrondissement d'Avlo, M. Félix Hessou T. Pierre au côté du Chef du village d'Allongo, Madame Zinsi K. Lokossou. Le CA a pris la parole pour inviter sa population à prendre en compte les enseignements du « Pasj/Ctb » pour que leur vie judiciaire soit améliorée. Là, MM. Gabriel Tossou et Koissi Gbèdèvi ont amené suivant leurs diverses questions, les animateurs à expliquer plus en profondeur le rôle de chaque structure de l'appareil judiciaire dans une affaire.
Ensuite de 10h à 12h, 129 écoliers dont 78 garçons et 51 filles en plus 69 parents dont 25 hommes sont regroupés dans la cour de l'EPP d'Avlo-village sur autorisation de son Directeur Norbert G. Amoussou et de par l'encadrement de ses Adjoints Nicolas B. Amoussou, Grégoire T. Hountikpo et du Chef du village Kassavi Houédaho. Ainsi, ces animateurs ont encore sensibilisé en « mina », en « xwlagbé » et en français ici dans Avlo-village 198 participants dont 95 femmes. Par contre, de 16h08 à 18h02 dans la salle de conférence du CEG de Djanglanmè, M. Ludovic Tovignon a sensibilisé en « mina », en « kotafon » puis en français 722 élèves dont 225 filles environ sur autorisation du Directeur Sanvi Kouanvi et de l'encadrement des Professeurs Principaux des 16 groupes pédagogiques de la 6ème en 1ère que compte cet établissement.
Là, M. Hyppolite Houndjo, Professeur Principal de la 1ère A, a posé des questions très pertinentes de par sa participation exceptionnelle : « Est-ce qu'il existe une structure officielle au Bénin pour assister les parents en difficulté d'existence qui placent quelques-uns de leurs progénitures afin de pouvoir supporter le reste ? Est-ce qu'un parent a l'obligation de supporter son fils élève qui grossit une fille ? ».
Entre autres, les élèves Edwige Djossou, Christine Kpadénou, Adeline Gbotcho, Abel Sossa, Saturnin Koffi Bata, Cossivi Sèho, Marius Assongba, Julien Adadji, Comlan Tronnou, Ezéchiel Yao Dédji, Modestine Tohogbé, Kossivi A. Anani, Clément Codjo Soukou, Sévérin Amavi Sossou, Laurent Bata, Albert Dégbéawo, Jonas Affanou, et bien d'autres ont participé activement à la séance et veulent savoir : « Que peut-on faire de la fille engrossée par son père ? Est-ce que l'on peut répudier une femme avec laquelle on s'est marié légalement qui ne reproduit pas pour en épouser une autre ? Est-ce que les parents continuent d'avoir une obligation envers un enfant qui franchit déjà l'âge de 17 ans ? Qu'est-ce qui poussent les parents à vendre ou à placer leurs progénitures ? A quel nombre est limitée la naissance au Bénin ? Est-ce qu'un élève peut convoquer ses parents qui ne lui payent pas la contribution scolaire, surtout s'il a déjà 18 ans et demeure encore élève en classe de 5ème par exemple ? ».
Ces dernières séances marquent la fin officielle de cette campagne de sensibilisation sur le rapprochement de la justice des justiciables dans la commune de Grand-Popo suivant le calendrier pré-établi par l'ONG ATP. Mais d'après son Directeur Exécutif John Augustino Francey, la période du 12 au 31 décembre 2008 est réservée pour rattraper des séances manquées pour une ou autre raison dans certains villages.
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