Dom
18 Décembre 2008
Les violences sexuelles et autres exactions dont les femmes congolaises sont victimes dans l'Est du pays tirent leur origine dans l'« hospitalité » manifestée à l'égard des Rwandais.
En effet, c'est à partir de 1994 avec l'arrivée massive des militaires rwandais fuyant la prise du pouvoir à Kigali par le Front Patriotique que l'insécurité a élu domicile dans la partie orientale de notre pays. Avant qu'elle atteigne à ce jour, le niveau de ce que d'aucuns qualifient de paroxysme de la bestialité humaine, avec à l'affiche, des violences sexuelles à répétition faites aux femmes. « Le couloir humanitaire de 1994, ouvert à la demande de l'Opération Turquoise, est devenu pour les Congolais un couloir de la mort, un chemin de misère, de la désolation, de malheur ».
Ce rappel est de la ministre du Genre, Famille et Enfant. Marie-Ange Lukiana a rappelé ce souvenir lors de la marche des femmes, organisée le mardi 16 décembre à Kinshasa, pour protester contre les violences faites aux femmes à l'Est. Des centaines de milliers de femmes sont descendues dans les rues de la capitale dont le boulevard du 30 juin en plein centre-ville, pour dénoncer l'impunité dont jouissent les violeurs jusqu'à présent.
Pour la ministre du Genre, il faut qu'on instaure des procès publics pour juger les violeurs. Et pour mettre un terme à ce cycle infernal des violences, elle propose l'ouverture d'un corridor, cette fois-ci, pour éconduire les ex-FAR et Interahamwe au Rwanda.
En outre, la ministre Lukiana a indiqué que l'objectif de cette marche n'était pas seulement de dénoncer l'impunité dont jouissent les violeurs, mais également de rechercher la dignité de la femme, la paix et la sécurité. Enfin, la marche est un signe de solidarité envers les compatriotes de l'Est, a conclu M-A Lukiana.
Le ministre de la Justice, du fait que la marche de colère des femmes a choisi le palais de justice comme point d'arrivée, a souligné la nécessité qu'il y a à rendre justice.
C'est-à-dire à juger et à sanctionner les violeurs, ainsi qu'à chercher comment réparer les préjudices. «Toute violence faite à la femme sera désormais sanctionnée», a affirmé le ministre Luzolo Bambi. Autre personnalité présente à cette marche des femmes, le patron de la Monuc Alan Doss.
Choqué par l'ampleur de la situation, il a dû quitter précipitamment le Premier ministre pour se joindre aux femmes qui manifestaient leur colère contre l'impunité. Pour le Représentant du SG de l'Onu en Rdc, «Nous devons tous soutenir les femmes dans la lutte contre la violence faite à la femme». Avant d'ajouter que le 1er responsable des violences, c'est l'homme, et à ce titre, la solution doit provenir de lui.
Il a, en outre, affirmé la volonté de son organisation de s'impliquer dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Pour lui, cela ne doit pas seulement se limiter à l'Est, mais s'étendre partout à travers le pays où de telles exactions seront commises. Plusieurs autres personnalités ont aussi pris part à la marche. Parmi lesquelles les femmes responsables des institutions. Il y avait entre autres, la ministre du Portefeuille, la Questeur adjointe de l'Assemblée nationale, etc.
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