Le Potentiel (Kinshasa)

Centrafrique: Dialogue politique - La création d'une commission vérité et réconciliation

Pierre Emangongo & Bienvenu Ipan

19 Décembre 2008


Kinshasa — Les protagonistes de la crise centrafricaine réunis autour du dialogue politique ont demandé la création d'une commission vérité et réconciliation consacrant définitivement le pardon mutuel pour lequel chacun devra renoncer à son passé sombre.

Des participants au Dialogue politique inclusif, forum sur la paix en Centrafrique, ont recommandé, hier jeudi 18 décembre, dans la capitale Bangui, la création d'une Commission vérité et réconciliation pour permettre «un pardon définitif» après des années de conflits et exactions.

«Je propose (...) de mettre en place, en dehors de ces assises, une Commission vérité et réconciliation à l'instar de l'Afrique du Sud», a déclaré le pasteur Joseph Benguemalet, un des vice-présidents du forum.

Le Dialogue regroupe pouvoir, opposition, Société civile et mouvements rebelles pour sortir la Centrafrique des rébellions, exactions, crises sociale, économique et financière dont elle est la proie depuis plusieurs années. Cette structure devrait permettre aux «veuves et orphelins» victimes des conflits et exactions «de savoir la vérité pour un pardon définitif entre ces victimes et ceux qui jusqu'ici, ne sont considérés que comme leurs bourreaux», a ajouté le pasteur Benguemalet.

Sa proposition a été approuvée par acclamation par les quelque 200 délégués présents à la concertation, ouverte depuis le 8 décembre 2008 et qui s'achèvera ce samedi 20 décembre 2008.

Elle doit figurer parmi les recommandations du document final du Dialogue, en cours de rédaction. Rappelons que l'Afrique du Sud a créé une Commission vérité et réconciliation, chargée de recenser les crimes commis pendant l'apartheid, confrontant «bourreaux» et «victimes», avec possibilité d'amnistier ceux qui «confesseraient» leurs exactions devant elle.

Renoncer

Il a, par ailleurs, été recommandé aux autorités centrafricaines de respecter la laïcité, conformément à la Constitution, sur proposition du capitaine Abakar Sabone, chef du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ, rébellion). Le président centrafricain, François Bozizé, a conclu un accord avec les dirigeants de l'opposition et des mouvements rebelles sur la formation d'un gouvernement d'union censé diriger le pays jusqu'à une élection présidentielle en 2010, a annoncé hier jeudi 18 décembre 2008, le médiateur des pourparlers, l'ancien président burundais Pierre Buyoya.

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«Toutes les parties seront représentées», a annoncé Buyoya à l'issue de dix jours de négociations destinées à trouver les conditions d'une paix durable. L'accord formel sera signé ce vendredi 19 décembre 2008, a ajouté le médiateur.

Eu égard à tout ce qui précède, les protagonistes centrafricains devront, pour un vrai pardon mutuel, fournir chacun un effort pour surmonter les divergences, renoncer au passé sombre et respecter les engagements de paix . C'est alors seulement qu'ils pourront sceller véritablement la réconciliation nationale et contribuer à la stabilité de la Centrafrique et celle de la région de l'Afrique centrale.

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