Sidy Dieng
19 Décembre 2008
Protéger les enfants, c'est faire en sorte qu'ils soient conscients du danger permanent que représente le Sida. C'est le message que porte l'Ong Plan Sénégal, en partenariat avec le programme Nokya youth empowerment through arts and média, Yetam.
(Correspondance) - 'Nous constatons que le Sida est une maladie qui tue beaucoup de personnes dans le monde. Elle n'épargne personne même pas les enfants. En tant que jeunes, nous sommes conscientes de sa force et de sa puissance. Elle est fatale et incurable. Si j'avais les moyens, je me battrais contre le Sida'. Ces propos, qui sonnent comme un cri de détresse, sont ceux de Seynabou Ndiaye, une innocente jeune fille du village de Tatène Mbambara de la communauté rurale de Notto Diobass dans le département de Thiès.
Elève en classe de 3è au Cem de Notto, Seynabou est l'une des nombreuses filles venues des 67 villages de la communauté rurale pour prendre part à la journée de lutte contre le Sida. Une journée, organisée par l'Ong Plan Sénégal en partenariat avec le programme Nokya youth empowerment through arts and média, Yetam. Lequel programme, centré sur l'enfant, vise à réduire le gap entre jeunes de milieux urbains et leurs frères des zones rurales.
Le choix de cibler les jeunes en milieu scolaire, contrairement au thème : 'Engagement des autorités' retenu cette année pour la journée nationale de lutte contre le Sida, peut être comprise comme une réaction positive aux conclusions des enquêtes menées par les points focaux des ministères de l'Education en Afrique subsaharienne. Lesquelles conclusions mettent en exergue le déficit d'informations chez les élèves, en particulier les filles. 'Les informations détenues dans ce milieu sont parcellaires et ne peuvent permettre de se préserver...', disent ces conclusions.
Ainsi, Bassirou Bocoum, professeur au Cem de Notto, d'estimer qu'il ne fait aucun doute que cette journée de sensibilisation aura un réel impact sur le comportement non seulement des élèves mais aussi de cette population rurale dont le niveau d'alphabétisation n'est pas très élevé. 'Le plus souvent, ce sont des jeunes qui, par le fait de l'exode, vivent en milieu urbain et reviennent avec des comportements regrettables pour mettre en danger les filles restées au village'. D'où, selon lui, toute la pertinence de cette journée qui devrait permettre à la population de mieux s'armer contre le mal.
Même son de cloche du côté de Pape Sidy Diop, directeur de Plan Sénégal et coordonnateur du programme Yetam. Pour lui, l'implication de son organisation dans la lutte contre le Sida en milieu scolaire entre en droite ligne dans le programme de protection des enfants que Plan est en train de dérouler.
Par conséquent, il estime que protéger les enfants c'est aussi faire en sorte qu'ils soient conscients, à l'instar de Seynabou Diop, du danger permanent que représente le Sida. 'Je reviens d'une visite au Kenya. Le Sida est devenue une véritable problématique au niveau de ce pays qui voit sa population mourir à petit feu à cause de cette pandémie'. Une situation qui, dit-il, renforce sa conviction sur le fait que la lutte contre cette maladie doit être, pour son organisation, une priorité.
La journée de sensibilisation sur la lutte contre le Sida, tenue à Notto, sera aussi pour les enfants de ladite localité un moment pour expérimenter toutes les connaissances acquises dans le cadre de la session de formation sur l'utilisation des appareils audiovisuels qu'ils ont subie durant 19 jours. Une formation qui entre dans le cadre du programme Youth empowerment through arts and media. En effet, ces enfants ont eu à couvrir avec leurs caméras et autres appareils photo toute la manifestation. Ils sont, en outre, crédités de 22 films documentaires sur des domaines d'activités de leur terroir.
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