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Centrafrique: Rétro 2008 - Les moments forts de la vie en Centrafrique

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21 Décembre 2008


Bangui — Comme une entente secrète, les événements les plus marquants de l'année 2008 qui s'achève ont débuté quasiment tous dans sa deuxième moitié. De la politique à la diplomatie en passant par, le social, l'économie et la culture pour chuter sur le sport, la vie nationale en République Centrafricaine au titre de l'année 2008 a été riche en événements.

Dans le domaine de politique, l'événement essentiel et crucial est sans doute le Dialogue Politique Inclusif (DPI) dont les travaux se sont déroulés du 8 au 20 décembre dernier à Bangui sous le parrainage du chef de l'Etat gabonais, El Hadj Omar Bongo Ondimba. En effet, commencé à être négocié depuis deux ans par l'opposition démocratique progressivement soutenue par l'opposition armée, le DPI marque une étape importante de l'histoire de la République Centrafricaine ; pour avoir regroupé toutes les couches sociales autour d'une même table pour trouver des issues aux multiples crises qui taraudent le pays.

« On n'a pas vu en Afrique, dans les autres pays, tous les représentants de la classe politique y compris les mouvements politico-militaires se réunir pour parler de l'avenir de leur pays, pour trouver des solutions aux problèmes », soulignait le président du présidium de ces assises, l'ancien chef de l'Etat burundais, le major Pierre Buyoya pour témoigner de la particularité de cet événement.

Au terme de ce DPI, une des annonces significatives reste la formation d'un gouvernement de « large consensus » ayant pour mission de rétablir la confiance entre les acteurs politiques et la population, ramener la paix sur toute l'étendue du territoire et de conduire le pays jusqu'aux élections générales de 2010 en réunissant toutes les conditions de transparence.

La cérémonie de clôture de ces assises, le 20 décembre au palais de l'Assemblée nationale a réservé une grande surprise à la population, un signal et un symbole fort de réconciliation nationale. Car pour la première fois depuis son renversement par le général François Bozizé le 15 mars 2003, l'ancien président Ange Félix Patassé a reconnu officiellement et solennellement son successeur comme président légitime de la République Centrafricaine, tandis que des embrassades inattendues entre ces deux personnalités étaient un moment exceptionnel.

Mais la réussite de « l'inclusivité » totale de ce forum a été rendue possible grâce à des actions diplomatiques aussi bien nationales qu'internationales, à travers la signature de différents accords de paix et de cessez-le-feu entre le gouvernement et les divers groupes armés. Il s'agit notamment des accords de Syrte et de l'accord de Birao, entre autres, à mettre à l'actif du président François Bozizé appuyé par le Bureau de l'Organisation des Nations Unies en Centrafrique. Mais le moment fort de la diplomatie demeure la date du 21 juin 2008 qui a vu la signature de l'accord de paix global entre le gouvernement et les mouvements rebelles, un accord qui a permis de « fédérer » les accords de paix et de cessez-le-feu disparates signés antérieurement.

Cet accord de paix global, il faut le souligner, a été obtenu grâce à une action diplomatique incontestable du chef de l'Etat gabonais, El Hadj Omar Bongo Ondimba, président du comité ad hoc dans l'espace CEMAC sur les questions centrafricaine. C'est donc cet accord qui va donner les grandes orientations et les préalables tel que la loi d'amnistie qui devait permettre à tous les protagonistes de prendre part au DPI sans inquiétude.

Dans le domaine social, il est important de souligner l'organisation le 20 novembre dernier de la première revue du Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), document cadre de lutte contre la pauvreté, conçu par le gouvernement et approuvé par les bailleurs de fonds à la table ronde de Bruxelles d'octobre 2007. Une année après l'approbation de ce document que les partenaires au développement s'étaient engagés à financer à hauteur de 300 milliards Fcfa, sur trois ans (2008-2010), il était nécessaire de faire le bilan à mi-parcours de fonds mobilisés depuis un an. Selon le ministre d'Etat centrafricain à l'Economie, au plan et à la coopération internationale, Sylvain Maliko, il était question de « situer les partenaires sur les engagements qu'ils ont pris » pour soutenir la mise en oeuvre du DSRP.

Après un bilan mitigé, le gouvernement centrafricain, par la voix de son premier ministre, le Professeur Faustin Archange Touadéra a sollicité des partenaires « la facilitation des conditions de décaissement des fonds » relatifs à l'exécution des projets de développement contenus dans le DSRP. A cette occasion, les partenaires ont réaffirmé leur engagement au côté de la République Centrafricaine. Le deuxième événement important dans le domaine social cette année est la mesure de décrispation qui a sanctionné les négociations de longues dates entre le gouvernement et les syndicats. Il s'agit de l'inscription d'une des plus vieilles revendications syndicales : le déblocage des salaires.

En effet depuis 1986, pour des raisons de « redressement économique », l'Etat centrafricain avait décidé de « bloquer » les salaires de ses fonctionnaires et agents. Autrement dit, une fois intégré dans la fonction publique, le fonctionnaire ou l'agent continue de percevoir le salaire d'un stagiaire, même après sa titularisation. De l'autre côté, tous les effets financiers liés aux avancements ne sont effectifs qu'à la retraite. Mais face à la crise alimentaire mondiale et la hausse des prix des produits de première nécessité, les syndicats, en dehors des problèmes de l'apurement des arriérés de salaires, ont souvent exigé la levée de cette mesure jugée caduque et inadaptée à l'actualité.

C'est ainsi que le 19 novembre 2008, au terme d'une négociation entre les deux parties, le gouvernement s'est soumis au principe de déblocage des salaires dans le budget de l'exercice 2009, fixé à 167 milliards FCFA et qui vient d'être adopté par l'Assemblée Nationale. Enfin, c'est la célébration du cinquantième anniversaire de la proclamation de la République Centrafricaine, le 1er décembre dernier et qui a connu l'engouement de toutes les populations, les ministres résidents l'ayant fêté « à la carte » dans les différentes préfectures du pays.

A Bangui, en particulier, cet événement a été marqué par un défilé qui a duré plus de quatre heures, regroupant toutes les couches sociales. Mais l'économie n'est pas en reste. Le 8 novembre 2008 aura été une date décisive dans le monde des affaires centrafricain. Car ce jour là, les autorités de la Banque de développement des Etats de l'Afrique Centrale (BDEAC) ont organisé une journée porte ouverte sur cette institution bancaire sous-régionale. Cette journée avait pour thème « Quels sont les projets éligibles au financement de la BDEAC ».

Selon son président, Anicet Geoges Dologuélé, il s'agissait d'inciter les opérateurs économiques centrafricains « prendre des risques d'investissement » et d'avoir « une vision sous-régionale des affaires », car, a-t-il dit, le constat général est que les Centrafricains présentent très peu de dossiers à la banque pourtant destinée à soutenir leurs entreprises. Au cours de cette journée, des centaines d'opérateurs économiques et entrepreneurs centrafricains ont répondu présent et ont été entretenus sur les mécanismes de montage de projets et les critères d'éligibilités des dossiers.

Dans le domaine culturel, l'événement marquant aura été, sans doute, la 5ème édition du Festival international du conte et de l'oralité (FICO) organisé du 5 au 13 décembre par le Cercle de recherche et d'éducation par les arts (CREA). Cette manifestation a vu la participation des conteurs professionnels et « artistes de la parole » venus de la France, du Congo Brazzaville, du Gabon, du Tchad et de la République Centrafricaine.

Selon le directeur du CREA et président du comité d'organisation du FICO, Gervais Lakosso, ce festival, par la diversité de l'origine de ses participants vise à renforcer la promotion de la diversité culturelle dans l'espace francophone, mais aussi à valoriser la parole qui est « à l'origine du monde » et son utilisation pour la paix. Dans la vie sportive, c'est le « sport-roi » qui s'est encore distingué cette année. Lors de la finale de la coupe nationale disputée le 1er décembre dernier à Bangui et qui a vu la victoire de l'équipe des Anges de Fatima sur le Stade centrafricain (SCAF) 2-1, le public centrafricain s'est souvenu des années de gloire de son football.

En effet après les querelles qui ont entouré l'élection à la présidence de la fédération centrafricaine de football et qui ont paralysé presque totalement cette discipline, le cinquantenaire de la République Centrafricaine célébrée du 1er décembre 2008 est apparue comme un véritablement moment de réconciliation entre les Centrafricain et leur football.

Pour la première fois depuis sa construction, le Complexe sportif Barthélemy Boganda, un stade de 20.000 places, construit par la coopération chinoise, a refusé du monde au cours d'une compétition national. Mais surtout pour n'avoir plus été jouée depuis deux ans, la coupe nationale disputée en présence du chef de l'Etat, François Bozizé, est un des événements les plus importants de l'année, tandis que l'équipe nationale amorce la préparation de la 6ème édition de la coupe de la CEMAC qui se jouera l'année prochaine à Bangui.

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