Près de trois enfants sur dix, âgés de 5 à 17 ans, soit approximativement 2 millions d'enfants, travaillent à Madagascar. Ce sont, entre autres, les nouvelles données chiffrées publiées hier à Anosy, par l'Instat au cours de la présentation des résultats de l'enquête nationale sur le travail des enfants, réalisée en 2007.
Ces petits travailleurs sont majoritairement des aides familiales. Ils exercent principalement dans les domaines de l'agriculture et de la pêche, en milieu rural. Par contre, ils Å"uvrent plutôt dans la domesticité, le commerce et la restauration dans les zones urbaines.
Cycle primaire
Cette étude, qui porte sur 14 749 enfants issus de 8 316 ménages répartis à travers les 22 régions du pays, n'a pas pris en compte les enfants victimes d'esclavage, d'exploitation sexuelle, de prostitution ou d'autres abus, ainsi que les enfants rue de et ceux qui sont sans ménage de référence.
« Les faiblesses structurelles du système éducatif favoriseraient la mise au travail des enfants, en dépit des dispositions nationales et internationales qui les protègent », indique-t-on dans les résultats de cette étude. Ces faiblesses sont notamment le redoublement et l'abandon scolaires, ainsi que l'insuffisance d'infrastructures.
«Dès la fin du cycle primaire, vers 14 ans, les enfants ne sont plus scolarisés. Et ce, puisque la plupart des villages ne disposent pas de collèges publics, d'ailleurs à capacité plutôt restreinte. Les enfants sont ainsi obligés, malgré eux, de travailler», fait remarquer un technicien de l'Instat, lors de sa présentation.
Cercle vicieux
Aussi, les enfants entre 15 et 17 ans, sont-ils plus exposés au travail précoce. Ils représentent 54,7% des petits travailleurs, contre 32% pour les 10 à 14 ans et 13,5% pour les 5 à 9 ans. Il faut toutefois souligner que la non scolarisation de l'enfant est également étroitement liée à la situation économique de la famille.
Puisque deux ménages sur trois vivent en dessous du seuil de pauvreté, les enfants apportent ainsi une aide considérable pour leur survie et celle des membres de leur famille. Le phénomène « travail des enfants » et la pauvreté forment ainsi un cercle vicieux, dont le cycle est apparemment difficile à rompre, jusqu'à présent, même avec l'arsenal juridique dont le pays s'est doté ces derniers temps.

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