Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Autour des négociations de Nairobi - Guerre du Kivu : test pour la Conférence des Grands Lacs

Freddy Monsa Iyaka Duku

20 Décembre 2008


Kinshasa — Week-end crucial pour la République démocratique du Congo et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Trois importantes rencontres susceptibles de marquer ces dernières vingt quatre heures de Nairobi : les négociations « Gouvernement-CNDP », la réunion du Comité interministériel régional (CIR) de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et la réunion extraordinaire des chefs d'Etat des pays membres de cette même communauté, à Nairobi. Au centre des entretiens, la situation dramatique et préoccupante dans l'Est de la République démocratique du Congo. Un premier test pour la crédibilité de la CIRGL.

Les prochaines vingt-quatre heures seront peut-être celles qui vont changer la région de l'Afrique des Grands Lacs. Au moment où les yeux sont tournés vers Bangui, capitale de la République centrafricaine, avec la fin ce samedi du Dialogue national inclusif, il s'ouvre à Nairobi la réunion du Comité interministériel régional, CIR, de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Elle serait consacrée exclusivement à la situation dramatique et préoccupante dans l'Est de la Rdc, avec la guerre du Kivu. Et ce en plus de l'évaluation des activités du secrétait exécutif et de l'élaboration du budget pour l'exercice 2009-2010.

Les travaux se dérouleront au Kenyatta International Conférence Centre. Sont également invités outre les 11 pays membres (Angola, Rdc, République du Congo, Rca, Rwanda, Burundi, Ouganda, Zambie, Kenya, Tanzanie et Soudan), les pays coptés, à savoir le Botswana, Ethiopie, Malawi, Mozambique, Namibie et le Zimbabwe. Mais quarante huit heures auparavant, toujours à Nairobi, reprenaient les travaux des négociations entre le « Gouvernement et le CNDP », autour de cette guerre du Kivu.

Dimanche, si le calendrier est respecté, les chefs de l'Etat des pays membres de la CIRGL se retrouveront encore à Nairobi pour discuter de la même situation. Trois rencontres importantes qui doivent aboutir à un cessez-le-feu dans la perspective de restaurer la paix dans la région.

C'est ainsi que dans le programme marathon de la réunion des ministres des Affaires étrangères et de la Coopération régionale de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, il est prévu des entretiens avec la Facilitation internationale conduite par le nigérian Olusegun Obasanjo. Mais également avec celles de la République démocratique du Congo et de la SADC. Ces différentes délégations doivent faire l'économie des initiatives de paix pour dégager des pistes de solution. Eventuellement, permettre aux ministres et chefs d'Etat de prendre des mesures qui s'imposent.

Un test pour la CIRGL

Cette situation préoccupante au Kivu met à rude épreuve la Conférence internationale sur la région de Grands Lacs. En fait, la CIRGL doit son existence, disons sa création, des conflits armés qui marquent cette région de l'Afrique. Les causes profondes ont été identifiées et les pistes de solution dégagées. D'où l'adoption en 2004 de la Déclaration de Dar es-Salaam. Deux ans plus tard, le 15 décembre 2006 à Nairobi, la signature du Pacte de sécurité, de stabilité et de développement de la région des Grands Lacs. Ce pacte est aujourd'hui approuvé par 8 des 11 Etats.

Reste encore l'Angola, la Zambie et le Soudan. Entre les deux faits de haute portée politique, les pays membres avaient arrêté un programme ambitieux de relance de développement, avec 10 projets prioritaires à impact économique et social visible sur les populations pour réconforter la démarche politique.

Mais voilà que la guerre du Kivu risque de tout chambarder. Guerre aux enjeux économiques, elle oppose indirectement la République démocratique du Congo au Rwanda, par groupes armés interposés. Un secret de polichinelle également pour la CIRGL. Le fait que les trois rencontres se déroulent dans un même périmètre, prouve à suffisance la pertinence de la question et la gravité de la situation qui menace même l'existence de cette Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Qui porterait alors le chapeau de cet échec, d'avoir vidé toute la substance de deux actes fondateurs de la CIRGL, à savoir la Déclaration de Dar es-Salaam et le Pacte de sécurité, de stabilité et de développement de la région des Grands Lacs ?

Il appartient aux chefs des pays membres de cette conférence de répondre à cette interrogation. Une réponse qui traduirait manifestement leur volonté politique de favoriser la restauration de la paix, la stabilité des institutions et le développement de cette région. Ils n'ont pas d'autre choix que de se montrer pragmatiques dans la mesure où toute la communauté internationale a les yeux braqués sur Nairobi. Question de jauger la capacité des dirigeants africains à trouver des solutions justes aux problèmes qui se posent en Afrique.

La réponse du président français de voir les troupes africaines se déployer en Afrique et non une force européenne est sans équivoque : l'Afrique est placée devant ses responsabilités. Il s'agit là d'un véritable test, à travers cette « Guerre du Kivu », pour la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Survivre ou disparaître ? Se départir de la politique d'autruche pour ne pas faire le lit des «faiseurs de conflits» en Afrique serait la meilleure approche d'examiner cette situation découlant de la Guerre du Kivu.

Be the first to Write a Comment!

Copyright © 2008 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.


SELECT
SELECT

Le top des actualités: Congo-Kinshasa

Ask Obama a Question