Hella Lahbib
21 Décembre 2008
Sésame, ouvre-toi. En lieu et place de cette formule magique en vigueur au temps d'Ali Baba, ce sont quatre chiffres pianotés sur un clavier pour ordonner l'ouverture de la caverne des temps modernes : le distributeur. Et, moment unique de plaisir sans partage, les billets empilés les uns sur les autres s'en éjectent comme par enchantement.
C'est dans les années quatre-vingt que les cartes magnétiques, non moins magiques, ont été mises en circulation en Tunisie. Depuis, ce moyen de règlement, jugé pratique, a gagné du terrain. Aujourd'hui, révèle un banquier de 25 ans de carrière, chargé entre autres de la monétique dans une grande banque, les détenteurs de cartes sont de l'ordre de 1.100.000 dans le pays.
Fonctionnelle, la carte ne cesse de séduire. Plus sécurisée que l'argent liquide, voire le chéquier, beaucoup de Tunisiens ont pris le pli de retirer l'argent via distributeur, plutôt que de leur agence et de régler leurs courses par carte. Pour une moyenne de 1D de frais sur chaque opération, la plupart le savent.
Sauf que, il est des conditions nécessaires pour le bon déroulement de toute transaction : un réseau qui répond présent et un distributeur infaillible. Or, force est de constater que c'est loin d'être toujours le cas.
Autant de bien que de mal
A l'instar d'un réseau de téléphonie encombré, le réseau bancaire peut l'être aussi. De plus, celui-ci a l'art et la manière de choisir ses moments pour s'arrêter net de marcher et bloquer avec lui tout un circuit. Combien de fois n'a-t-on pas vu dans une grande surface, devant une file longue et impatiente, un client(e) recevoir pour toute réponse « votre carte ne passe pas », et le malheureux bien obligé de rendre le caddie avec ce qu'il contient !
C'est davantage les week-ends, en période de vacances et de fêtes, que ces complications techniques apparaissent, qui ne sont pas du ressort de la banque en question, explique et justifie encore le professionnel. On n'y peut rien...
Quoique le « débit » du réseau se soit nettement amélioré, et que les banques n'ont pas toutes le même rythme d'interactivité, le surbooking du réseau est parfois mal vécu par les consommateurs, ça se comprend !
Et le distributeur qui refuse net de donner de l'argent ? Ce sont des machines faites par et pour des pays froids, reçoit-on comme réponse. Exposées au soleil, celles-ci tombent souvent en panne, précise, confiant le banquier.
Donc, théoriquement, si le distributeur est à l'abri, ce qui est souvent le cas, les défaillances techniques devraient être plutôt rares.
Il arrive, cependant, que l'appareil pour une raison inexpliquée refuse de « distribuer ». Et, naguère francophone, il se met à baragouiner (par écrit) en anglais, en affichant des réponses du style : (Sorry I am not in service), et de vous conseiller au passage de revenir plus tard, parfois même d'aller voir ailleurs .
Comment expliquer le refus net d'une banque de «distribuer» de l'argent, par distributeur interposé, alors que l'appareil fonctionne normalement ? Et que le compte est créditeur, cela va sans dire?
Des cas, jaillissant alors des «carrément dramatiques» : de ces clients qui crient haut et fort que ladite somme (non servie), leur a été quand même débitée du compte !
A côté de ces défaillances de fonctionnement, il en est de structurelles, difficiles à comprendre, non plus. Celles des distributeurs pourtant des plus modernes dans l'incapacité, une fois sur deux, d'informer le client sur le solde de son compte, faute de papier !
Sans se gêner le moins du monde, les machines répondent simplement : ticket non disponible. Un problème endémique pouvant être facilement évité par l'affichage directement sur écran, pourtant. On vous demandera, du reste, par courtoisie : autre opération ? Or, justement, il se trouve que pour passer à une autre opération, cette information (non fournie) est décisive !
Les Vip et les populaires
Tout compte fait, malgré ces déboires vécus au quotidien, il est de bon ton d'avoir sa carte bancaire. De retrait plutôt que de crédit, définit encore le banquier, les premières sont répandues à une plus large échelle. Et la différence entre les deux est de taille.
Quand l'une garantit le retrait, la CIB, si, et seulement si, le solde le permet, l'autre, des golden et autres master et Visa , selon les termes d'un contrat défini entre la banque et son client, accorde un crédit plafonné généralement par semaine et fixe. Même si le compte a, entre temps, viré au rouge!
Ainsi, née aux Etats-Unis vers les années trente pour une poignée de privilégiés, la première ayant été la carte Diners Club International, la carte s'est depuis démocratisée à travers le monde.
Ce moyen de règlement et de ravitaillement s'avère, au final, des plus utiles les jours chômés et le soir, quand tout est fermé. Le dépannage restera donc pour longtemps l'un des points forts de la carte bancaire. A ce détail près, il ne faut pas avoir le dos au mur, pour disposer de cette latitude de retrait du mur.
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