L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Niger: L'indispensable de Niamey veut achever ses chantiers

H. Marie Ouédraogo O.

23 Décembre 2008


Au Niger, on appelle cela le « Tazartché », une expression en langue nationale haussa qui signifie « continuation ou prolongement » ; c'est ainsi que l'on désigne le mouvement initié dans les provinces nigériennes, qui consiste en l'organisation de marches et de sit-in de soutien aux actions du président Tandja... en vue de prolonger son mandat, qui arrivera à son terme en décembre 2009.

Comme une traînée de poudre, le mouvement des pro-Tandja s'est répandu à travers le vaste pays. Dernière en date, la manifestation de dimanche dans la capitale, Niamey, dédiée au président presque sortant.

Cette fois, le cortège avait à sa tête le Premier ministre, Seïni Oumarou lui-même, ainsi que quelques membres du gouvernement.

« Nous, citoyens et citoyennes, suggérons aux institutions de la République, à la classe politique et à la société civile une transition politique de trois ans allant du 22 décembre 2009 au 22 décembre 2012 », indique la déclaration des marcheurs.

Une prorogation de « seulement » trois ans, qui devrait permettre à son bénéficiaire de parachever son « programme spécial » : régler le problème de l'insécurité dans le Nord (rébellion touareg), achever les différents chantiers de développement engagés.

Autant de choses que seul le colonel à la retraite serait à même d'accomplir, si l'on en croit les partisans, de plus en plus nombreux, de cette prolongation.

L'heure est donc aux requêtes, aux suppliques, de plus en plus pressantes, demandant au président sortant de rester, et à la représentation nationale de faire en sorte que cela soit possible, en créant au besoin un équivalent de notre article 37,à la sauce nigérienne.

Pourtant, la constitution nigérienne est très claire : elle ne prévoit aucune prolongation du mandat présidentiel et interdit au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat.

A seulement 12 mois de la fin de son second quinquennat, le colonel à la retraite devra accepter de partir quitte à confier ses chantiers à son successeur, comme cela est censé se faire en bonne démocratie.

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Mais il est fort probable que, poussé par l'enthousiasme de ses partisans, il opte pour la solution préférée des chefs d'Etat africains : le tripatouillage pur et simple de la loi fondamentale.

Une option que son voisin algérien, dernier en date sur la longue liste des tripatouilleurs, vient tout juste d'expérimenter. Mamadou Tandja violerait ainsi le serment qu'il avait fait sur le Coran.

Pour plusieurs organisations de la société civile locale, l'acte serait passible de la Haute cour nationale de justice. La menace portera-t-elle les fruits escomptés, face au rouleau compresseur du « Tazartché » ? Pas si sûr...

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