La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a fermement condamné la tentative de putsch militaire en Guinée à la suite du décès, lundi soir, de son président Lansana Conté, appelant les putschistes à "s'abstenir de tout acte de répression".
"La FIDH est opposée à toute prise de pouvoir par la force et appelle au retour immédiat de l'ordre constitutionnel en Guinée si le coup d'Etat est confirmé", a déclare Souhayr Belhassen, la présidente de l'instance dans un communiqué reçu mardi à l'APS.
Un groupe de militaires regroupés au sein d'un Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a annoncé la dissolution des institutions républicaines et la prise du pouvoir, empêchant l'installation "constitutionnelle" d'un régime intérimaire avant l'organisation d'une nouvelle élection.
En cas de décès ou de vacance du président, la constitution guinéenne prévoit en son article 34 que l'intérim est assuré par le président de l'Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, qui sera chargé notamment d'organiser l'élection d'un nouveau président.
La FIDH appelle la junte militaire et les militaires qui les soutiennent à réintégrer leurs cantonnements et à rétablir immédiatement l'ordre constitutionnel afin de permettre à M. Somparé de faire constater par la Cour constitutionnelle la vacance du pouvoir et d'organiser dans les délais constitutionnels l'élection présidentielle.
Elle demande également à l'Union africaine, à l'Organisation des Nations unies, à l'Organisation internationale de la francophonie, à l'Union européenne et à l'ensemble de la communauté internationale "de condamner fermement la tentative de coup d'Etat".
"Si celui-ci devait être confirmé, la FIDH exhorte les organisations ayant des mécanismes adéquats à suspendre immédiatement la République de Guinée de leurs instances jusqu'au rétablissement de l'ordre constitutionnel", ajoute le communiqué.
La FIDH appelle enfin les membres du CNDD et les forces sous leur contrôle à respecter l'intégrité physique et morale de la population et des responsables politiques et militaires qui ont été appelés à se rendre au camp militaire d'Alfa Yaya Diallo à Conakry.
"Les putschistes doivent s'abstenir de tout acte de répression dont ils pourraient, le cas échéant, être tenus responsables pénalement et individuellement et au premier rang desquels le capitaine Moussa Dadis Camara", rappelle la présidente de la FIDH.
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