26 Décembre 2008
Kinshasa — Les deux bourses créées simultanément en Afrique centrale ont du mal à fusionner malgré l'étroitesse du marché. Les positions se radicalisent en dépit des actions entreprises de part et d'autre. La fin de la guerre des bourses en Afrique centrale n'est pas proche. Certes, le discours politique préconise la fusion de la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC) et de la Bourse nationale des valeurs mobilières du Cameroun, (Douala stock exchange, DSX), mais la réalité est tout autre sur le terrain.
Les deux places boursières fonctionnent chacune à leur rythme, et se livrent une guerre ouverte qui montre que, malgré l'étroitesse du marché régional qui commanderait l'existence d'un seul marché financier, comme le soutiennent des experts, aucune bourse n'est prête à disparaître au profit de l'autre. En février 2009, précisément au moment où trois nouvelles sociétés pourraient être cotées à la Bourse de Douala, celle de Libreville annonce l'ouverture d'une antenne camerounaise à Douala.
Au Cameroun, la préoccupation des autorités est manifestement au renforcement de la place boursière de Douala, avec l'annonce d'une troisième entreprise cotée en bourse. Après la Société des eaux minérales du Cameroun (SEMC) en juin 2006, puis la Société africaine forestière et agricole du Cameroun (SAFACAM) en avril dernier, le DSX accueille en ce mois de décembre une troisième entreprise, la Société camerounaise des palmeraies (SOCAPALM), filiale d'un groupe français, la Société financière des caoutchoucs (SOFINC).
Selon des sources boursières, trois autres entreprises pourraient être cotées à Douala en février prochain. Un intérêt grandissant qui apparaît, pour des observateurs, comme « un décollage définitif du marché financier national ». Le gouvernement camerounais, qui adhère à l'idée communautaire « puisque le Cameroun est signataire des accords portant création de la bourse sous-régionale », a toujours infirmé l'idée selon laquelle deux bourses ne pouvaient pas fonctionner dans l'espace CEMAC, en soutenant que « ce sont les activités qui régulent le marché ».
Marché
Pendant que la Bourse de Douala accueille une nouvelle entreprise, les responsables de la bourse régionale multiplient les opérations de charme. Le Cameroun, qui représente la moitié du poids économique de la CEMAC, est incontournable pour un fonctionnement optimum du marché financier régional.
Fin novembre dernier, Willy Ontsa, le directeur général de la BVMAC (Libreville), a séjourné au Cameroun pour « sensibiliser les entreprises camerounaises sur l'opportunité de se coter à la bourse régionale ». Dans la foulée, il a fait état de l'aménagement d'un cadre juridique et fiscal attractif, avec, par exemple, un taux d'imposition sur les sociétés (Is) de 20%, contre 35% pendant trois ans, à quoi il convient d'ajouter une trésorerie disponible et une hausse mécanique des bénéfices.
Après l'emprunt obligataire de l'Etat gabonais de 100 milliards de francs CFA lancé en décembre 2007, et qui manifestement a été boudé par les entreprises camerounaises, Libreville revient à la charge en lançant une seconde opération d'ouverture de capital fixée à 4 milliards de francs CFA, où les entreprises camerounaises sont instamment sollicitées.
En février 2009, précisément au moment où trois nouvelles sociétés pourraient être cotées à la Bourse de Douala, celle de Libreville annonce l'ouverture d'une antenne camerounaise à Douala, la capitale économique, « pour mieux se rapprocher des entreprises camerounaises ». Des antennes nationales, a affirmé le directeur de la Bourse de Libreville, s'étendront à tous les pays de la CEMAC.
Il apparaît ainsi que la fusion n'est pas pour demain. Il n'existe pas de réelle volonté politique dans ce sens. En attendant, Douala semble prendre le pas sur Libreville où, après les premières cotations qui ne datent que du mois d'août 2008, l'on a du mal à confirmer.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2008 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.