Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Spécial Fenac 2008 - Au soir du 23 décembre dernier, festivaliers et curieux avaient de la peine à quitter le site

La foule est en liesse. Les notes de musique de l'artiste musicien Meiway, très connu du grand public sont reprises en choeur par des spectateurs qui, durant le festival auront fait preuve de nonchalance. 200% Zoblazo est sur toutes les lèvres. Ce sont les derniers instants de ce rendez-vous culturel. Déjà sur les visages, c'est la grande tristesse " Nous vivons le dernier concert et en profitons au maximum avant de retomber dans la platitude de cette ville " lance Etienne Mawa avec une once de regret.

L'affluence est à son comble, pourtant, le village du festival vient officiellement de fermer ses portes, mais le site ayant abrité cette cérémonie ne désemplit pas. Le pari est réussi et la promesse tenue. La 7e édition du Festival National des Arts et de la Culture a eu lieu. C'est manifestement sur cette note de satisfaction partielle que curieux, visiteurs, invités et exposants se sont séparés au soir du 23 décembre dernier, date de clôture de l'évènement culturel d'envergure international qui aura marqué l'année qui s'achève.

Pourtant, le contraste perceptible entre les attentes des participants du fait de la très forte médiatisation et de la réalité du terrain ont suscités des grincements de dents dès l'arrivée des différentes délégations. L'éloignement de la ville et par ricochet la difficulté des moyens de transport n'ont pas facilité la tâche des festivaliers, qui après trois jours de voyage, sont arrivés sur le site presque éreinté. " Plus jamais je ne ferai ce voyage par train. Il a été épuisant, mais je l'ai presque oublié parce que j'ai vécu des moments culturels inoubliables " affirme sans ambages Nicolas Eyidi, photographe.

Comme lui, plusieurs autres délégations ont connu les affres des moyens des transports. En outre, le sacré problème de logement, qui a contribué à dégrader cette rencontre culturelle. C'est le cas de certains festivaliers qui ont due débourser des sommes faramineuses pour se trouver un refuge. " Se loger a été luxe. Il n'a pas été évident de trouver un logement à la dimension de l'acceptable " relève Joseph Mouafo correspondant local d'une chaîne de télé. Visiblement, des précautions auraient été prises pour une catégorie de personnes dites Elites au détriment du plus grand nombre. Soit. Mais même Le transport inter urbain n'a pas été parfait non plus. Pas de navette entre le village et les quelques hôtels où résidaient les artistes.

Sur le site à proprement parlé, C'est un peu la déception des artistes qui déplorent le fait que la diversité culturelle du grand Nord a pris le dessus sur la vaste culture camerounaise " de très belles illustrations égayent l'entrée et vous rappellent que vous franchissez là dans le temple de la culture camerounaise. Un coup d'oeil rapide et les quelques cases des différentes civilisations du grand nord sont dressés les unes près des autres avec leurs spécificités. C'est quand même déplorable parce que c'était le festival National des Arts et de la Culture" déclare un visiteur averti. En dehors de la danse traditionnelle, certains résidents du grand Sud vivant à Maroua, auraient aimé vivre également la culture de chez eux.


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