Bienvenu Marie Bakumanya
29 Décembre 2008
Kinshasa — «Le sac du ciment de 50 kg importé de Chine revient à 4 dollars Us», rendu au port africain de débarquement a soutenu vigoureusement un chercheur à la revue panafricaine «Jeune Afrique». Cette offre chinoise peut paraître illusoire, mais les observateurs notent que la production du ciment en Chine bénéficie des subventions. Pour des importateurs interrogés à ce sujet, ils émettent de sérieuses réserves, assurant qu'il était prétentieux de vendre CIF Kinshasa un sac de ciment de 50 kg à moins de 10 Usd.
Dans une hypothèse optimiste, sur le marché congolais, un sac de ciment de 50 kg revenant à moins de 10 dollars américains, ramènera à la situation de d'avant-crise. Mais, cette option mettra, à coup sûr, en danger l'industrie locale. Qu'à cela ne tienne. Il apparaît que dans le cadre de sa politique africaine, la Chine qui dispose de suffisamment de fonds pour la construction des infrastructures, ne tiendrait pas à alourdir davantage les charges des pays africains.
En effet, le chercheur chinois a affirmé que le sac de ciment de 50 kg acheté sur place en Afrique revenait à 10 Usd. Ce qui alourdirait l'ardoise des pays africains. C'est ce qui explique que les firmes chinoises soumissionnent avec des offres particulièrement compétitives, en cas d'appel d'offres.
Des entrepreneurs chinois qui ont signé avec la RDC des contrats de construction d'infrastructures contre des minerais ne verraient aucun inconvénient à soutenir également les industries locales chinoises. Comme souligné ci-haut, les subventions accordées par l'Etat en amont devraient aussi rapporter au Trésor public chinois. La forme importe peu pour le gouvernement chinois. Le bénéfice peut consister en l'absorption de la main-d'oeuvre, le paiement des taxes et impôts, Il va sans dire que le stock exporté permet à la Chine de produire davantage dans le but de satisfaire aux nouvelles débouchées ainsi créées.
La Chine investit annuellement sur le continent africain près de 6 milliards de dollars américains, spécialement dans la construction des infrastructures. L'Afrique enregistre un déficit de 20 milliards de dollars dans le domaine qui intéresse évidemment la Chine. Déjà, des investisseurs chinois ont oeuvré en Angola, au Gabon, au Congo-Brazzaville et dans beaucoup d'autres pays. La RDC, qui entretient des relations historiques avec la Chine, a conclu des contrats évalués à plus de 9 milliards de dollars américains.
Des critiques acerbes ont entouré la signature de ces contrats, notamment les importations massives de matériaux de construction et de la main-d'oeuvre. Des craintes fondées, pour lesquelles des explications devraient être fournies et des garde-fous explicitement dressés afin de rassurer les uns et les autres. Ce qui est vrai pour le ciment, l'est aussi pour les autres produits.
Par ailleurs, l'importation du ciment par les entrepreneurs chinois opérant en RDC devra se faire dans un cadre réglementé pour éviter tout détournement de destination. Il serait fâcheux que le ciment importé pour les besoins des Cinq chantiers se retrouve sur le marché local. L'avantage à tirer reste que grâce aux importations venant de la Chine en faveur des Cinq chantiers, le marché local ne subira pas la pression tant redoutée.
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