Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Brazzaville: Plus de 30 milliards FCFA pour l'aménagement des concessions forestières de Ngombé

29 Décembre 2008


Kinshasa — Brazzaville vient de poser un geste fort pour l'aménagement et la gestion durable de ses concessions forestières. A cet effet, l'Unité forestière d'aménagement Ngombé s'est vue gratifier de plus de 30 milliards de FCFA.

La société industrie forestière de Ouesso (IFO), à capitaux danois, va investir, dans une période de cinq ans, un montant de 30,589 milliards FCFA pour la mise en valeur de l'Unité forestière d'aménagement (UFA) Ngombé, située dans la zone II du secteur forestier Nord, dont la superficie est de 1,218 millions d'hectares.

La convention d'aménagement et de transformation relative à la mise en valeur de cette UFA a été signée le 23 décembre 2008 à Ouesso, dans le département de la Sangha, au Nord-Congo, entre le ministre de l'Économie forestière, Henri Djombo, et le directeur général de la société IFO, M. Hansen. «La signature de cette convention s'inscrit dans le cadre de la stratégie d'aménagement et de gestion durable des concessions forestières mise en oeuvre depuis 2000 dans notre pays», a précisé Henri Djombo.

L'UFA Ngombé a été subdivisée, compte tenu du rôle multifonctionnel que joue la forêt qui constitue au Congo la deuxième ressource après le pétrole, en quatre séries d'aménagement en vue d'assurer la production des bois d'oeuvre, la protection et la conservation des écosystèmes forestiers ; le développement des activités des populations locales et l'amélioration de leurs conditions de vie. Des quatre séries citées, celle liée à la production constitue la plus importantes puisque couvrant une superficie de 801.716ha, soit 69,1% de la superficie totale de l'Ufa.

«Cette concession sera exploitée par coupes successives, suivant une rotation de trente ans, sur la base d'un volume brut annuel de 155.722 à 168.879 mètres cubes, suivant les différentes unités forestières de production», a indiqué le responsable d'IFO. Selon lui, la spécificité de la convention signée avec le gouvernement porte sur l'engagement de sa société à mettre en oeuvre le plan d'aménagement, mais aussi de poursuivre les efforts de diversification de transformation des bois et des activités d'enrichissement des forêts dégradées. Avec un investissement global de plus de 30 milliards FCFA, IFO devra réaliser un investissement de plus de 16 milliards FCFA pour plus de 13 milliards FCFA d'investissement prévisionnel.

La société IFO, qui a atteint une production grumière de 163 588 mètres cubes en 2007, est devenue la deuxième entreprise forestière au Congo après la Congolaise industrielle des bois (CIB). Elle est également la deuxième entreprise forestière, toujours après la CIB, qui s'est engagée dans l'aménagement durable des concessions forestières. À travers cette convention, IFO entend fixer sa production industrielle à 36.282 mètres cubes de sciage, dont 10.884 mètres cubes de sciages séchés et 1.088 mètres cubes de produits de menuiserie.

S'agissant de sa contribution au développement socioéconomique des populations du département de la Sangha, la société s'engage, conformément à la concertation sociale, à construire entre autre des centres de santé intégrés, à construire et équiper des écoles, à construire des ponts et entretenir des artères de circulation. «A cette contribution s'ajoutent les engagements non exécutés par la société IFO dans le cadre du contrat de transformation industrielle, notamment l'aménagement des installations sportives», a rappelé M. Hansen.

Selon Henri Djombo, la principale contribution au développement socioéconomique d'IFO porte sur la création de 930 emplois directs à l'horizon 2011.

La forêt du bassin du Congo, qui s'étend également sur une partie du Congo/Brazzaville, est le deuxième massif forestier tropical après la Forêt amazonienne. Elle couvre plus de deux millions de km'. En raison de la surexploitation du bois, notamment par les entreprises étrangères, la déforestation est importante. Les dégâts sont écologiques avec une diminution de la biodiversité mais les conséquences sont aussi économiques avec la perte de ressources financières à long terme.

En 1999, à Yaoundé, un sommet des chefs d'État des pays concernés (Cameroun, République centrafricaine, Gabon, République du Congo, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Tchad) a lancé un processus devant permettre une meilleurs gestion des ressources forestières en attribuant de façon plus transparente les concessions et en instaurant des normes permettant la régénération de la forêt.

En 2002, lors du sommet de la terre à Johannesburg, a été lancé un partenariat pour le bassin du Congo regroupant les États-Unis, la France, les États de la région, les bailleurs de fonds et les ONG. Des aides financières devaient permettre d'améliorer la gestion des massifs forestiers en promouvant l'aménagement durable des forêts d'exploitation et en créant des zones de protection couvrant de 10 à 15 % du massif.

Certaines ONG internationales de l'environnement restent très critiques, comme Greenpeace qui réclame un moratoire sur l'ouverture de nouvelles concessions. D'autres ONG, comme le World Resource Institute ou le World Wide Fund for Nature, ont entrepris une démarche de dialogue avec les exploitants forestiers pour les amener à des pratiques d'aménagement forestier durable.

Le 5 février 2005, s'est tenu à Brazzaville le deuxième sommet qui a réuni les chefs d'États des pays concernés. Ensemble, les chefs d'Etat de la sous-région ont approuvé un plan d'action commun et signé un traité créant une Commission des forêts d'Afrique centrale (Comifac) pour renforcer le partenariat international lancé en 2002 à Johannesburg.

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