Le Potentiel (Kinshasa)

Somalie: Chaos sécuritaire et humanitaire - Démission du président Abdullahi Yusuf Ahmed

Pierre Emangongo

30 Décembre 2008


Kinshasa — Le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed a démissionné hier lundi pour avoir échoué à «ramener la paix» en Somalie, au terme d'une crise politique majeure qui a paralysé les institutions du pays, plongé dans les pires violences depuis le début de la guerre civile en 1991.

Elu à la présidence de la Somalie le 10 octobre 2004, M. Yusuf a finalement démissionné sous pressions. Ce personnage clef de la vie politique somalienne n'est jamais parvenue à imposer son autorité sur ce pays, qu'il a plus dirigé en chef de clan qu'en chef d'Etat.La Somalie est aujourd'hui dans la pire situation sécuritaire depuis le début de la guerre civile et est également plongée dans une situation humanitaire catastrophique.

«J'avais promis de rendre le pouvoir si je ne pouvais pas ramener la paix, la stabilité ainsi que la démocratie en Somalie», a déclaré lundi M. Yusuf dans un discours devant les parlementaires réunis à Baïdoa, siège du Parlement de transition somalien, à 250 km au nord-ouest de la capitale Mogadiscio.

«J'ai signé la lettre de démission et j'ai donné le pouvoir au président du Parlement», Aden Mohamed Nur, qui assure à compter de ce lundi la fonction de président en exercice de Somalie, a ajouté M. Yusuf.

«J'exhorte le Parlement à l'unité et je vous exhorte à tous travailler dans l'harmonie», a-t-il lancé avant de quitter Baïdoa et de s'envoler pour la région semi-autonome du Puntland (nord-est) dont il a été président de 1989 à 2004.

Le Parlement a 30 jours à compter de lundi pour élire un nouveau président. De son côté, M. Nur a confirmé avoir accepté la démission de M. Yusuf. «Je félicite le président pour sa démarche audacieuse», a lancé le nouveau président en exercice.

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Dans un rapport la semaine dernière, l'International Crisis Group (ICG) avait pointé du doigt la responsabilité de M. Yusuf dans le chaos actuel, alors que les insurgés islamistes somaliens ne cessent de gagner du terrain et que les discussions de paix piétinent.

M. Yusuf «a négligé la majorité de la population, exacerbé les divisions; il est devenu un handicap (....) pour la paix et pour la survie du pays, et devrait être encouragé à démissionner», soulignait ICG.

Les parlementaires somaliens devront , d'après un chercheur, faire diligence pour élire le nouveau président en toute objectivité afin d'éviter que la Somalie ,déstabilisée depuis des lustres, ne puisse s'enfoncer davantage dans une crise aux conséquences multiformes et régionales.

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