Sabelle Cisse
30 Décembre 2008
L'ex-danseuse des Touré Kunda, Seynabou Diop a présenté hier à la presse son nouvel album, Adouna (la vie, en Wolof), sorti récemment sur le marché. Danser exige une certaine condition physique. Surtout pour une femme. Consciente de cette réalité, Seynabou Diop, ex-danseuse vedette, chanteuse choriste du groupe Touré Kunda, prépare sa retraite de danseuse.
La solution de rechange : entamer une carrière solo de chanteuse. 'Je savais qu'à un certain âge on ne peut plus danser, donc j'avais tout préparé dans ma tête pour ce qui est de chanter', indique-t-elle. Même si elle confie que passer de la danse à la chanson a été naturel. Une annonce qu'elle a faite, lundi, lors d'un point de presse tenu, à la Maison de la culture Douta Seck. Une carrière musicale qu'elle marque d'une pierre blanche avec la sortie d'un nouvel album Aduna ( la vie, en wolof).
Avec huit titres sur fond de variétés, l'opus contient des textes très critiques sur la société sénégalaise, sur l'Afrique. Avec cet album, la danseuse dit 'attaquer sa carrière de chanteuse', même si elle tient à préciser qu'elle va continuer à danser. Avant Aduna, Seynabou Diop a produit un premier '45 tours' intitulé Bamboula. Dans sa musique, elle transpose tout ce que son 'corps et ses oreilles ont pu ressentir', renseigne-t-elle.
Donnant son point de vue sur la danse au Sénégal, elle affirme que la notion de danse n'est pas ancrée dans les mentalités. Selon elle, 'dans les clips vidéos qui passent à la télé, les filles s'amusent juste en faisant des pas. Alors qu'il y a toute une technique de la danse à maîtriser'. 'Il ne faut pas confondre ouvrir les jambes et danser.
Ce que l'on voit dans les clips, c'est de la strip-tease, ce sont des fesses. Il faut arrêter de confondre le sexe et la danse', renchérit Seynabou Diop. Pour inverser la tendance, elle rêve de mettre sur pied une nouvelle école de danse à Dakar pour l'Afrique. 'J'avais mis sur pied une école de danse à Malika (ndlr : banlieue de Dakar), mais il n'y a pas eu de suivi parce que les pensionnaires trouvaient le 'footing' que nous faisions avant le démarrage des cours trop dur'.
Mamadou Kébé, directeur de la maison de la Culture Douta Seck, lors du point de presse a indiqué que 'Seynabou Diop ne fait pas que de la chanson, elle s'est lancée dans la formation des jeunes en chorégraphie'.
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