Sana Bouagila
31 Décembre 2008
Augmenter la production, améliorer la productivité et assurer les besoins du pays en produits alimentaires de base, tels ont été les axes fondamentaux de la stratégie adoptée en 2008 dans le secteur agricole, un secteur-clé, sur lequel reposent des attentes justifiées de contribution à l'emploi, à l'exportation, aux équipements globaux en plus des objectifs spécifiques d'atteinte de la sécurité alimentaire du pays.
Il est à rappeler que ce secteur contribue au taux de 13% au PIB, 9% au total des investissements dans le pays, 10% aux exportations et 16% à la création d'emplois.
A cet effet, les mesures décidées et mises en oeuvre par le gouvernement en 2008 ont emporté l'adhésion de tous les intervenants dans le secteur concerné permettant ainsi d'atteindre les buts qui leur sont assignés.
Il en est ainsi en ce qui concerne les filières céréalière et laitière avec l'amélioration des rendements vers l'autosuffisance et la filière de l'huile d'olive avec le conditionnement et la valorisation du produit via la création d'un label de qualité.
Prendre en considération les spécificités de notre agriculture en les valorisant, telle a été la démarche adéquate autour de laquelle s'est articulée cette politique qui a parié sur une qualité nettement améliorée (conditionnement, emballage, classification) et sur une diversification plus importante des produits afin de viser un plus grand nombre de marchés.
Ainsi, de nouvelles mesures ont été prises par la Tunisie en vue de promouvoir davantage les secteurs des grandes cultures, de l'élevage, de l'oléiculture et de la pêche.
A ce titre, plusieurs manifestations visant à valoriser ces différentes mesures ont eu lieu réaffirmant le souci présidentiel de promouvoir le secteur de l'agriculture et de la pêche, dans l'objectif d'assurer aux agriculteurs les meilleures conditions de travail et de production.
D'autre part, ces mesures sont venues renforcer les multiples incitations décidées au cours de l'année 2008 relatives aux importantes augmentations des prix des céréales en plus du rééchelonnement des dettes des céréaliers et les hausses successives des prix du lait au niveau de la production.
Plusieurs décisions présidentielles relatives au domaine de la pêche ont été prises. Elles ont répondu aux aspirations des marins-pêcheurs en allongeant le repos biologique de trois mois dans les zones menacées, et créant un fonds pour leur financement, outre le renforcement du programme de lutte contre la pêche à la senne et le chalutage, et celui des récifs artificiels avec une intensification des moyens de contrôle déployant les nouvelles technologies satellitaires.
Il s'agit chaque fois de conférer davantage d'intérêt au développement agricole dans le cadre du schéma de développement et la mobilisation des investissements publics nécessaires afin de promouvoir l'activité agricole pour la réalisation de la sécurité alimentaire, dans le cadre de la conjoncture économique et financière mondiale actuelle.
Promotion des grandes cultures, de l'élevage et de l'oléiculture
A cet égard, une stratégie spécifique pour promouvoir la production nationale de céréales, basée sur la révision des prix au niveau de la production, en vue de garantir l'autosuffisance a été mise en oeuvre.
Elle s'est articulée autour de 3 axes incluant l'augmentation de la capacité de stockage des céréales, encadrement des promoteurs agricoles par l'Institut national des grandes cultures et l'élargissement du réseau des groupements des céréaliculteurs aux principaux gouvernorats producteurs de céréales.
Concernant le secteur de l'élevage, 4 mesures ont été prises à savoir, organiser la relation entre les différents intervenants dans le secteur laitier, soumettre la prime de collecte du lait à un cahier des charges de manière à garantir la qualité de ce produit ,soumettre les centres de collecte de lait et les unités de fabrication de ses dérivés à une certification sanitaire d'ici la fin 2009 et élargir les superficies consacrées aux cultures fourragères afin de réduire le déficit en fourrages.
Intensifier le rythme de régénération des oliveraies et étendre la prime d'acquisition de plants aux variétés spécifiquement tunisiennes a été l'une des mesures phares relatives au secteur de l'oléiculture, outre la création d'un label de qualité pour l'huile d'olive tunisienne et le démarrage d'une véritable campagne promotionnelle pour ce produit entre autres par la diffusion d'un spot publicitaire dans plusieurs chaînes de télévision internationales.
De même, plusieurs rencontres ont été consacrées pour promouvoir la culture biologique en Tunisie mettant en exergue que ce genre de culture existait dans notre pays et avec des surfaces qui ne sont pas des moindres.
L'évolution des superficies consacrées aux cultures biologiques par hectare montre en effet que, même si elles n'évoluent pas au rythme grandissant de la demande des clients, notamment dans les pays européens, les superficies sont assez importantes. Avec presque 225 mille hectares, ce n'est pas peu pour un pays, plus connu pour l'huile d'olive qu'autre chose.
Encourager les jeunes exploitants
Les dépenses de gestion et de développement et des fonds spéciaux du Trésor pour le ministère de l'Agriculture et des Ressources hydrauliques pour l'année 2009, ont été évaluées à 712.896.000 dinars en 2008.
Par ailleurs et pour faire face à tous les défis, le gouvernement a mis en avant l'importance de l'encadrement technique des agriculteurs en plus de l'encouragement des jeunes agriculteurs à exercer ce type d'activité, devant la régression annuelle du nombre d'exploitants agricoles.
Plusieurs mesures ont été ainsi prises afin d'encourager les petits exploitants en vue de leur intégration dans le circuit de production comme l'octroi de crédits par les banques, coopératives et associations de développement afin de les aider à finaliser la campagne, la consécration du maximum de superficies des terres domaniales à la production céréalière, l'octroi d'une prime exceptionnelle au titre de la livraison de la production céréalière, la mise en valeur de la nécessité de parfaire l'exploitation des périmètres publics irrigués contribuant à l'amélioration du revenu des agriculteurs, outre la concrétisation de la sécurité alimentaire.
Perspectives....
Dans le prolongement du démantèlement tarifaire achevé le 1er janvier 2008, les négociations amorcées sur la libéralisation de l'agriculture ont été une occasion pour la Tunisie de consolider son avance et de devenir le premier partenaire de l'Union européenne à accomplir une zone de libre-échange total en 2010, attrait majeur pour les investisseurs.
Néanmoins, et face à la flambée du cours mondial des produits alimentaires de base dont les céréales et les aliments pour animaux, la Tunisie a décidé d'adopter une politique agricole ayant pour objectif d'assurer la sécurité alimentaire du pays et de réduire sa dépendance du marché mondial.
La stratégie nationale vise à atteindre une moyenne annuelle de 27 millions de quintaux, ce qui permettra de réaliser l'autosuffisance en blé dur et en orge et de réduire les importations de blé tendre, relevant que pour la réalisation de cet objectif, l'Etat a opté pour l'extension des superficies des cultures céréalières irriguées pour la porter, d'ici 2011, à 120.000 ha et la production de 100.000 ha de blé dur dans les régions humides et sub-humides.
D'autre part, un plan spécifique a été mis en place pour promouvoir la production des fourrages, l'objectif étant d'assurer les besoins du bétail à travers l'extension des superficies des cultures fourragères et la promotion des fourrages de substitution.
Concernant l'oléiculture, le renforcement de la contribution du secteur aux efforts de développement et de l'exportation, la stabilisation de la production et l'augmentation de la production à 250 000 tonnes d'huile d'olive sont prévus à l'horizon 2016.
Par ailleurs, l'accent sera mis sur les exploitations réservées aux cultures céréalières, l'objectif ciblé est d'augmenter le nombre de ces dernières à 350 par an et de porter ce nombre à 2.000 à l'horizon 2016 sur un total projeté de 14.000 exploitations.
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