Agence Nouakchott d'Information (Nouakchott)
1 Janvier 2009
Le général Mohamed Ould Abdel Aziz, Président du Haut Conseil d'Etat, Chef de l'Etat a rencontré mercredi soir au palais présidentiel à Nouakchott les représentants de la Mauritanie profonde participant aux Etats généraux de la démocratie à Nouakchott.
La rencontre, qui s'est déroulée en présence du ministre de l'intérieur et de la décentralisation, d'un chargé de mission à la présidence et du conseiller chargé des affaires administratives et juridiques à la présidence du Haut Conseil d'Etat ainsi que des walis des 13 wilaya du pays, a porté sur l'espace de liberté qu'offrent les Etats généraux de la démocratie.
A cette occasion, le Chef de l'Etat a réaffirmé la volonté du gouvernement de combattre la gabegie sous toutes ses formes et à poursuivre la politique visant à rapprocher l'administration des citoyens et à alléger les souffrances des populations les plus nécessiteuses.
A propos de ce qui se passe à Gaza, le Chef de l'Etat a dit: " Nous ressentons avec douleur ce qui se passe à Gaza, nous sommes parmi les premiers pays arabes qui ont donné leur accord pour la tenue d'un sommet arabe à ce sujet et nous oeuvrerons pour tout ce qui est de nature à contribuer à alléger les souffrances palestiniennes, car la Mauritanie a toujours été et restera aux côtés du peuple palestinien".
Après avoir souhaité, au début de son intervention, la bienvenue aux représentants de la Mauritanie profonde, Le Chef de l'Etat a souhaité une bonne et heureuse année pour ses hôtes et une année pleine d'espoir, de sécurité et de stabilité pour notre pays.
Il a mis l'accent sur l'afflux et la participation aux états généraux de la démocratie (EGD) considérant qu'il s'agit là d'une preuve de l'intérêt porté à la recherche de solutions pour les problèmes posés.
Le Président du Haut Conseil d'Etat (HCE) a précisé que l'objectif des EGD est de poser les différents problèmes, les diagnostiquer et leur trouver des solutions adaptées de la part des participants relevant qu'il y a 3 axes essentiels prioritaires sur ce plan: le 1er "les institutions démocratiques" est à l'origine de ce qui s'est passé dans notre pays qu'il s'agisse du blocage politique, ou des insuffisances et faiblesses qui en ont résulté au niveau de ces institutions".
Il a ajouté que le 2ème axe porte sur la période de transition qu'il espéré voir la plus courte possible car la solution des problèmes liés aux institutions constitutionnelles dans un court laps de temps est importante surtout que notre pays dispose de moyens lui permettant d'organiser l'élection présidentielle dans les plus brefs délais. Une telle action est de nature à fermer la porte devant des accusations - dont nous pouvons nous dispenser - disant que nous ne sommes pas un Etat démocratique et afin que cela ne soit pas prétexte à créer des problèmes comme cela a pu se passer ailleurs affaiblissant les pays concernés.
Le Président du HCE a notamment estimé que l'organisation d'élections dans les meilleurs délais est dans l'intérêt du pays, non pour tenir compte de ce que disent certains, mais d'abord et avant tout pour servir l'intérêt de la Mauritanie".
Au sujet du 3ème axe, il a précisé qu'il porte sur la délimitation du calendrier de l'élection présidentielle réaffirmant que les états généraux sont une opportunité pour poser tous les problèmes et tout ce qui touche de près ou de loin aux intérêts de la Mauritanie et des mauritaniens.
C'est justement, note le Chef de l'Etat, ce qui nous a conduit à veiller à faire représenter toutes les wilaya dans cette rencontre et à donner l'occasion aux notables qui (en dehors des maires et des parlementaires) connaissent la situation des populations pour permettre la participation de tous les mauritaniens à ces journées évitant ainsi les écueils du passé où la concertation s'est bornée à des franges limitées de la population".
Le général Mohamed Ould Abdel Aziz a ensuite, après cet exposé ouvert la voie aux questions et interrogations de l'assistance, questions qui ont été centrés sur la nécessité de sa candidature à la présidentielle, à l'importance des EGD en tant qu'espace de liberté et de discussions sur tous les problèmes posés à la Mauritanie, remerciant les intervenants, les femmes en particulier.
Il a souligné que le Haut Conseil d'Etat a laissé la porte largement ouverte au cours des EGD afin que tous puissent exprimer leurs points de vue et trouver une occasion d'échanger leurs idées afin de parvenir à des résultats permettant d'avoir une démocratie moderne porteuse de solutions aux problèmes posés et apte à transcender les difficultés accumulées depuis l'indépendance et notamment les répercussions de la mauvaise gestion des deniers publics et de la spoliation des ressources de l'Etat, bien que le pays soit parmi les plus riches en particulier dans le domaine minier et pastoral.
Le chef de l'Etat a fait remarquer qu'une comparaison de la situation de la Mauritanie avec un nombre d'habitants, de l'ordre de 3 millions d'âmes, avec une ville moderne dans le monde d'aujourd'hui n fois plus peuplée qu'elle, montre une différence de taille, observant que notre peuple vit encore une période moyenâgeuse.
Il a ajouté que l'aide extérieure ne peut apporter à la Mauritanie le progrès et l'émancipation en l'absence de la volonté et qu'il appartient à tous les mauritaniens, pour atteindre cet objectif, de faire un diagnostic de leurs réalités et d'en déterminer les points faibles.
Et de réaffirmer que les EGD constituent une occasion d'or pour apporter le changement nécessaire et il convient d'en tirer profit afin de parvenir à ce qui est de nature à garantir les intérêts du pays, sa sécurité, et sa stabilité ainsi que son développement relevant que les moyens nécessaires à cet effet pour traduire sur le terrain les résultats de ces journées, sont disponibles.
A cet égard dit le Chef de l'Etat: "vous ne serez pas influencés au cours de ces EGD et notre espoir est grand pour que cette concertation, cet espace d'échanges et ces expériences puissent conduire à l'intérêt général et ouvrir la voie au pays loin des considérations sectaires tribales, régionales et claniques".
Il a indiqué que le gouvernement est engagé dans une lutte sans merci contre la gabegie en tant que mal qui a ruiné le pays et constitué un obstacle majeur devant son développement.
S'adressant aux notables, le Président du HCE dit: "la responsabilité à cet égard est une responsabilité solidaire et concerne tous. Aussi, il est du devoir de tous de dénoncer les prévaricateurs, de ne pas leur faciliter la tâche, de ne pas les élire et de rejeter tout celui qui détourne les biens publics et les utilise pour acheter des voix à des fins électorales".
Il a encore dit "nous sommes en train d'opérer la réforme de l'enseignement pour le sauver de la mauvaise situation qu'il vit. Nous avons accompagné ces efforts en promouvant et en dynamisant la formation professionnelle, la réédification de l'armée, son équipement en lui permettant de jouer son rôle pour servir le pays et le citoyen".
Le Chef de l'Etat a réitéré l'ordre donné aux walis pour rapprocher l'administration des citoyens, leur ouvrir ses portes rappelant que l'objet même de l'existence de cette administration est de les servir, de connaître leurs problèmes, de leur trouver des solutions et, le cas échéant, de transmettre leurs préoccupations aux autorités compétentes pour les régler.
Le général Mohamed Ould Abdel Aziz a dit que le gouvernement a décidé de créer un Fonds national de solidarité pour une enveloppe de l'ordre de 10 milliards d'ouguiya afin de lutter contre la pauvreté et faire face aux problèmes quotidiens des populations et leur trouver des solutions.
Les ressources de ce fonds sont, dit-il, destinées aux régions intérieures et à la lutte contre la pauvreté notamment au sein des habitants les plus démunis.
Le Président du Haut Conseil d'Etat a rappelé qu'il appartient à tous de savoir que le budget actuel est réuni sur des ressources propres qui seront l'objet de contrôle et qu'aucune manifestation de gabegie ne peut être tolérée. L'Etat veillera à ce que les fonds atteignent les destinataires demandant aux citoyens d'exercer le maximum de contrôle et de suivi en la matière.
Enfin, le Chef de l'Etat a déclaré que l'Etat a connaissance des problèmes en rapport avec les entreprises minières et planche actuellement sur les solutions à leur apporter informant l'assistance que les études sont en cours, s'agissant de la nappe du "Dhar" dans le Hodh Charghi et doit prendre fin en janvier 2009 avant que le travail commence directement par la suite.
AMI
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