Maïmouna Gueye
2 Janvier 2009
En 2000, les Etats membres de l'Onu avaient convenu d'atteindre en 2015 ce qu'ils appellent les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd). Déclinés en 8 points, ces derniers visent à réduire l'extrême pauvreté et la faim, à assurer l'éducation primaire pour tous, à promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes, à réduire la mortalité infantile, à améliorer la santé maternelle, à combattre le Vih/Sida, le paludisme et d'autres maladies, à assurer un environnement durable et à mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
En 2009, à six ans de la date butoir, beaucoup reste à faire. Certains pensent même qu'il est quasi-impossible pour les pays africains d'atteindre les Omd. D'ailleurs, aucun pronostic n'est favorable à l'atteinte des Omd en Afrique. Seulement, en dépit de ces perspectives pessimistes, le président de la République du Sénégal Me Abdoulaye Wade, a réitéré son souhait d'atteindre les Omd, « malgré les pronostics pessimistes sur les capacités des Africains à être au rendez-vous de 2015 ». Ces propos sont contenus dans son message à la Nation du Nouvel an.
Et pour prouver au monde que les Africains sont bien capables de relever les défis qui les interpellent directement, le chef de l'Etat mise sur « l'initiative badiénou goxx » (femme leader) qu'il compte dérouler dans les plus brefs délais. Il s'agit, pour lui, de responsabiliser dans chaque quartier, village, une femme leader. Cette dernière aura ainsi pour mission de sensibiliser les femmes. Surtout celles qui ignorent certaines règles élémentaires d'hygiène, de santé, les poussant même jusqu'à banaliser les consultations prénatales.
En état de grossesse, elles restent tranquillement chez elles, attendant négligemment le jour de la délivrance. D'ailleurs, elles ne sollicitent même pas l'aide d'une sage-femme ou d'une matrone. Ce qui a pour corollaire les complications liées aux accouchements non-assistés. Ce n'est que quand elles saignent abondamment, avec des douleurs atroces, qu'elles veulent enfin prendre le chemin du poste de Santé, du centre de Santé ou de l'hôpital.
Si évidemment la zone en dispose. Ces situations, qui se comptent par centaines, ont pour conséquence l'accrois-sement des décès maternels.
Avec 435 décès pour 100000 naissances vivantes, le taux de mortalité maternelle, même s'il a connu une baisse au Sénégal, d'après les résultats de l'Enquête démographique et de santé (Eds4, 2005), constitue encore un casse-tête pour les autorités sanitaires du pays. C'est pourquoi, le président Wade mise sur l'influence des femmes leaders ou « badiénou gox » pour infléchir le taux de mortalité maternelle comme le stipule l'Omd5 qui vise à améliorer la santé de la mère.
Ainsi, avec cette initiative qui sera lancée ce mois de janvier 2009, avec le démarrage de la première expérience dans la commune et le département de Kolda (Sud-Est), les femmes leaders choisies vont pouvoir montrer à leurs paires comment éviter, par exemple, les accidents de grossesse ou d'accouche-ment. Le suivi des femmes en état de grossesse pour qu'elles respectent les consultations prénatales sera aussi assuré par les « badiénou goxx », qui auront également, entre autres tâches, de veiller au suivi dans l'alimentation et la vaccination des enfants.
Si cette initiative du chef de l'Etat réussit pour avoir été bien comprise par les personnes chargées d'en assurer l'exécution et les populations qui vont y adhérer, il est certain que dans la zone choisie pour le démarrage, à savoir Kolda, qui affiche l'un des taux de mortalité maternelle les plus élevés du pays, la santé de la mère va connaître une nette amélioration. De même que celle des enfants. Car une femme malade, qui vit avec des séquelles des suites d'un accouchement, ne peut pas entretenir correctement son enfant. Donc, l'initiative « badiénou goxx » est bien salutaire.
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