La Tribune (Algiers)

Algérie: Après le camouflet du Conseil de sécurité samedi soir - Qu'est-ce qui empêche les pays arabes de se retirer de l'ONU ?

Ghada Hamrouche

5 Janvier 2009


Pour la première fois depuis la greffe de l'entité sioniste sur les terres palestiniennes, le Conseil de sécurité refuse catégoriquement, même par un texte non contraignant, de condamner les attaques barbares sur les populations désarmées de Ghaza. Le texte arabe, proposé par la Libye, actuellement membre du Conseil de sécurité, s'est heurté à l'intransigeance américaine.

Non contents de défendre leurs alliés sionistes, les Américains ont tenté de faire endosser la responsabilité du carnage au mouvement de résistance palestinien Hamas, le qualifiant encore une fois de terroriste. L'ambassadeur adjoint des Etats-Unis, Alejandro Wolff, a clairement expliqué que sa délégation avait «exposé son point de vue sur la véritable cause des violences actuelles, c'est-à-dire les tirs de roquettes par le Hamas» sur les territoires occupés par les sionistes. Les Etats-Unis, qui affirmaient que la fin 2008 verrait l'aboutissement du processus de paix et la naissance de deux Etats, ont donc été les premiers à enterrer ce processus. Comment parler encore de processus de paix au moment où l'entité sioniste continue de pilonner par voies aérienne, maritime et terrestre ce petit bout de terre habité par plus d'un million et demi de Palestriniens ? Les Etats-Unis, imperturbables devant le nombre de civils tués par leurs protégés sionistes, poussent l'effronterie jusqu'à affirmer que leurs efforts «visent à établir un cessez-le-feu durable, fiable et qui soit respecté par tous, impliquant avant tout la fin des tirs de roquettes, la fin des trafics d'armes et le début d'une réouverture des points de passage aux termes de l'accord de 2005», occultant le fait que la population de Ghaza, qui a démocratiquement élu ses représentants du Hamas, est soumise depuis 18 mois à un réel isolement, la privant de nourriture, de médicaments, de carburant et même d'eau.

Tous les points de passage contrôlés par l'armée sioniste sont fermés depuis de longs mois sous prétexte que l'acheminement des vivres permet aux résistants de se faire livrer des armes. Un fallacieux argument qui a servi de vraie couverture pour affamer tout un peuple. Une situation catastrophique sur laquelle on fait l'impasse aujourd'hui. Le blocus sur Ghaza est la première violence, les tirs de roquettes de la résistance palestinienne ne sont qu'une riposte pour tenter de protéger un peuple d'une mort lente.

Un droit que leur refuse la communauté internationale, faisant une fois de plus l'amalgame entre agresseurs et agressés. Aujourd'hui, l'entité sioniste, qui utilise toute sa force de frappe puisée dans l'armement américain, est encouragée par le mutisme du Conseil de sécurité à poursuivre en toute quiétude sa guerre d'extermination contre le peuple palestinien. Le Conseil de sécurité est aujourd'hui incapable même de produire un texte non contraignant condamnant l'entité sioniste.

Les pays arabes, qui n'ont pas réussi à adopter une position commune, se voient aujourd'hui administrer une véritable correction, leur apprenant une fois de plus qu'ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour contrecarrer cette injustice. L'ambassadeur de Libye, Giadallah Ettalhi, auprès de l'instance onusienne, en a fait l'aveu. «C'est un triste jour pour le Conseil de sécurité qui a été incapable d'exprimer son indignation devant l'escalade de la situation à Ghaza.» Si cette instance, censée garantir la protection des peuples contre leurs agresseurs et veiller à l'application du droit international, est incapable de protéger les Palestiniens des boucheries sionistes à répétitions il est aujourd'hui légitime de s'interroger sur l'utilité de l'adhésion des pays arabes aux Nations unies. Une instance qui, sous la dominance américaine, a prouvé au fil du temps son incapacité à contraindre les sionistes à cesser leur carnage, que ce soit à Sabra et Chatila, à Beyrouth ou à Ghaza. Même si cela ne peut être considéré que comme un geste symbolique, qu'est-ce qui empêcherait, aujourd'hui, les pays arabes de se retirer de l'ONU ?

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