Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Onu - toujours impuissante

5 Janvier 2009


Kinshasa — Lé général De Gaulle avait-il raison de qualifier « l'Onu de machin » ? La tendance serait de répondre par l'affirmative à cette interrogation en regardant tout ce qui se passe autour de nous. Hier, échec en Bosnie et au Rwanda. Aujourd'hui, la Monuc patauge en République démocratique du Congo. Voilà que la guerre vient d'éclater au Moyen Orient et le Conseil de sécurité est incapable de prendre la moindre décision. A la dernière réunion urgente d'il y a 48 heures, le Conseil de sécurité ne s'est pas prononcé en des termes précis sur la guerre de Gaza.

Cette attitude ne surprend plus ceux qui savent que l'Onu est au service des Nations qui la dirigent, la manipulent et veulent qu'elle soit ce qu'elle est pour servir leurs propres intérêts en entretenant des foyers de tension pour qu'elles soient toujours utiles. Ce sont elles qui la financent, s'opposent à toute réforme et barrent la route à ce processus de démocratisation que l'on veut instaurer au sein de l'Onu.

Ce sont ces mêmes nations qui décident de la nature et du mandat des missions de paix à travers le monde, et ce selon leurs intérêts. Pyromanie oblige. La République démocratique du Congo en est une belle illustration. Plus de 5 millions de morts qui passent pour un fait divers aux yeux des décideurs du Conseil de sécurité tant leurs intérêts sont divergents. Pas plus tard qu'il y a un mois, le même Conseil de sécurité n'a daigné requalifier en des termes précis le mandat de la Monuc, et l'envoi d'une force supplémentaire pose problème. Quant à la force européenne, son déploiement se bute à la volonté des mêmes Etats permanents du Conseil de sécurité. Pour des intérêts toujours divergents, ils refusent de voler au secours d'une population en danger. Ils ferment les yeux devant les pillages des ressources congolaises tant ils y trouvent facilement leurs comptes.

Aucune décision n'a été prise pour arrêter la guerre à Gaza. Certes, les mêmes décideurs s'offriront des virées diplomatiques à travers différentes capitales pour se donner bonne conscience pendant que l'on continue à mettre toute une région à feu et à sang. Aucune résolution de l'Onu ne sera respectée jusqu' à ce qu'il y ait un vainqueur. Alors, malheur aux vaincus.

C'est vrai, l'autre question fondamentale est celle de savoir ce que l'on ferait si l'Onu n'était pas là (?) Rien. Parce que même présente, l'Onu demeure toujours impuissante. Comme si elle était déjà sur les traces de la défunte Société des Nations (SDN) en continuant à se comporter comme en pleine période de la guerre froide. On comprend alors pourquoi l'Egyptien Boutros-Boutros Ghali a eu maille à partir avec sa « réforme » et sa « diplomatie préventive ». Le Ghanéen Kofi Annan n'a eu juste le temps de parcourir le dossier qu'on l'avait eu avec « l'Opération pétrole contre nourriture » en éclaboussant son propre fils. Le Sud-coréen Ban Ki-moon est en train d'épousseter le dossier de la « réforme » qu'il a déjà subi deux défaites : en RDC et avant-hier à Gaza.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Congo-Kinshasa

Rubriques