Hamidou Ouédraogo
4 Janvier 2009
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Ouagadougou — Le président du Faso (PF), Blaise Compaoré, a reçu les corps constitués du Burkina, le 30 décembre 2008 à Kosyam, pour leurs rituels voeux de fin d'année. Il a ployé sous le fardeau des doléances que ses hôtes lui ont chargées. Mardi 30 décembre 2008. La place des cérémonies du palais de Kosyam est dans un décor de grands jours. On pouvait même se mirer dans les carreaux du plateau où les convives du jour étaient disposés par corps. Tout autour, flottaient sur une dizaine de mâts les couleurs du Burkina. Bref, tout a été mis en oeuvre pour traduire la solennité de la manifestation.
Aux environs de 16 h 30, le Premier ministre, Tertius Zongo, arrive et s'assied aux côtés des présidents d'institutions (Assemblée nationale, Conseil constitutionnel, CENI, CSC, Médiateur du Faso...) et des anciens présidents, notamment Saye Zerbo et Jean-Baptiste Ouédraogo. La mise en place est ainsi terminée. Le chef de l'Etat ne se fait pas attendre longtemps. Car, quelques minutes après, il foule le tapis rouge sous le retentissement des tambours et des trompettes de la fanfare qui enchaîne en même temps avec l'exécution du ditanyè. Tout le monde est debout, personne ne bouge excepté les chasseurs d'images. Au sein des membres du gouvernement, le ministre de la Culture et de la Communication, Filippe Sawadogo, donnait l'impression de chanter l'hymne national avec la fanfare. En tout cas, même si sa voix était inaudible, on voyait ses lèvres remuer.
C'est à 17 h 00, à notre montre, comme si tout cela avait été réglé, que le président prend place. Débute alors la cérémonie par l'allocution du porte-parole des corps constitués, le secrétaire général du Gouvernement et du Conseil des ministres, Amadou Adrien Koné. Naturellement, les crises multiformes, qui ont marqué l'année 2008, se sont invitées dans son speech. Au nombre de celles-ci, la crise alimentaire qui a nécessité une prise de mesures par l'Etat pour atténuer les effets néfastes. Pour M. Koné, « les évènements tragiques et les manifestations violentes », que cette crise a engendrés au plan national, « ne doivent pas ravaler au second plan les efforts inlassables déployés par les Burkinabè sur les chantiers de développement ». Ainsi, les corps constitués se sont dit satisfaits de l'intérêt que le chef de l'Etat accorde aux questions « de la santé, de l'éducation, de la valorisation du capital humain et de la promotion de la culture de la paix pour hisser notre pays au rang des nations émergentes ».
Ce rituel a aussi été l'occasion pour les corps constitués d'exprimer au président du Faso « les préoccupations et les aspirations du peuple sur la marche de l'Etat ». Entre autres doléances, le Conseil constitutionnel, le Conseil d'Etat et la CENI sollicitent chacun, en ce qui le concerne, la relecture du code électoral ; la Cour des comptes appelle à une gestion saine et transparente des finances publiques ainsi qu'à l'instauration de l'obligation de rendre compte ; les anciens chefs d'Etat, eux, encouragent Blaise Compaoré à persévérer dans son recours permanent au dialogue et l'exhortent à s'impliquer personnellement dans la lutte contre la corruption, l'insécurité et les autres tares qui minent la société ; le CSC demande, pour la consolidation de la démocratie et le renforcement de la liberté de la presse, une revalorisation de son statut juridique dans le paysage institutionnel, l'adoption du cahier des charges des médias d'Etat, la convention collective des médias et un accompagnement plus accru des entreprises de presse.
Pour assurer la quiétude des citoyens et la sécurisation de leurs biens, les forces de défense et de sécurité demandent à être dotées en équipements performants ainsi que leur renforcement opérationnel. Les organisations religieuses ont, elles, souhaité, entre autres, le raffermissement de la bonne gouvernance ainsi que la sauvegarde des intérêts de l'Etat et des travailleurs dans le processus de privatisation et la promotion de la production locale.
En réponse aux différentes doléances, le PF a réaffirmé sa disponibilité et celle du Gouvernement « à continuer de faire du dialogue et de l'écoute, des valeurs essentielles dans la conduite des affaires publiques et à répondre aux exigences du processus d'édification de l'Etat de droit, notamment, la relecture du Code électoral pour une transparence renforcée des consultations électorales ». Blaise Compaoré a invité chaque corps à jouer sa partition dans le cadre du développement de notre pays et de l'édification d'un Etat de droit capable et moderne. Il s'est, en outre, engagé pour « le renforcement de la gouvernance locale par un encadrement permanent du processus de gestion de proximité ».
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