La Tribune (Algiers)

Ghana: Après une présidentielle exemplaire - Le Ghana, modèle de démocratie pour les pays d'Afrique

Moumene Belghoul

5 Janvier 2009


Les résultats de l'élection présidentielle au Ghana, qui s'est déroulée quasiment sans heurts, fait rare en Afrique, ont confirmé la bonne santé du système démocratique ghanéen. Le président en exercice transmettra ainsi le pouvoir à l'opposition pour la deuxième fois en une décennie. Le pays de John Kufuor semble avoir ancré durablement sa démocratie. Peu après l'annonce de sa victoire, l'opposant John Atta-Mills, du Congrès national démocratique (NDC), a tendu la main à son adversaire.

Ce dernier, en dépit de protestations d'usage, a finalement reconnu sa défaite et félicité le vainqueur. La course au fauteuil présidentiel a été très serrée pour être enfin remportée avec à peine un demi-point de pourcentage. «Le Ghana va connaître sa seconde alternance pacifique du pouvoir en une décennie, un événement qui renforcera certainement la transition démocratique du pays et ses jeunes institutions», a estimé Chris Fomunyoh, expert Afrique au National Democratic Institute (NDI), un organisme basé à Washington.

En effet, en janvier 2001, le Ghana voyait la première passation de pouvoir entre deux présidents démocratiquement élus. Jerry Rawlings, un ancien dirigeant militaire converti à la démocratie, avait transmis les rênes à l'opposant John Kufuor, dans le calme, après deux mandats de quatre ans. La récente élection était la cinquième au Ghana depuis le retour du multipartisme en 1992, et John Atta-Mills, un juriste de 64 ans, se présentait pour la troisième fois consécutive. Pour les Africains, le Ghana pourra être un modèle de démocratie. Le Bénin, le

Botswana, le Mali, l'île Maurice et l'Afrique du Sud ont salué un exemple de stabilité. Le Ghana, nation ouest-africaine de 23,5 millions d'habitants, est régulièrement cité en exemple et loué pour ses avancées en matière de démocratie, sur un continent où les violences et les fraudes électorales font rage. L'Afrique est en effet loin de constituer un exemple en la matière. Au Kenya, des violences post-électorales ont fait plus de 1 500 morts début 2008. Le Zimbabwe est plongé dans une crise politique et humanitaire, le président Robert Mugabe refusant de céder le pouvoir malgré la défaite de son parti aux législatives de mars.

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Au Ghana, les observateurs de la présidentielle ont relevé surtout l'ordre et le calme qui ont prévalu. Bien qu'il ait reconnu sa défaite, Nana Akufo-Addo, du Nouveau parti patriotique (NPP), a néanmoins insisté sur des irrégularités qui se seraient produites dans une région traditionnellement aux mains du parti adverse. Il se tournera vers la justice qui devrait examiner l'affaire. Le recours à la justice évoqué par le candidat défait ne devrait toutefois pas avoir d'impact réel sur le processus démocratique. La passation de pouvoir aura lieu le 7 janvier entre le président sortant, John Kufuor, et John Atta-Mills.

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