Jolivet Emmaüs
5 Janvier 2009
opinion
Les 365 jours écoulés ont connu un rythme politique mitigé. Tantôt des événements ont donné le sentiment d'une évolution majeure dans les relations internationales, tantôt des faits sont venus démentir cet optimisme.
L'élection de Barack Obama, le 4 novembre, à la présidence des Etats-Unis d'Amérique reste incontestablement le fait politique majeur de l'année 2008. Contre toute attente, cet Africain-Américain a déjoué toutes les analyses pour arracher l'investiture démocratique devant la très charismatique Hillary Clinton et battre largement
L'attentat de Bombay a réveillé la méfiance des deux voisins, Inde et Pakistan.
Mc Cain, le Républicain. Le rêve de milliers de Noirs, de Blancs, de jeunes et de communautés entières à travers le monde s'est réalisé. De Berlin à Paris en passant par les 50 Etats de son pays, Barack Obama a drainé des foules immenses et prêcher la fondation d'une "Nouvelle Amérique réconciliée avec elle-même et le monde". En attendant son installation officielle à la Maison-Blanche le 20 janvier prochain, le 44e président des Etats-Unis a annoncé les couleurs de la rupture. La composition de son cabinet et les idées qu'il véhicule en sont la preuve. L'administration de Barack Obama regroupe des membres de celle de George Bush, des adversaires politiques démocrates et des jeunes dynamiques à cÅ"ur de donner au monde entier une autre vision de sa première puissance. Les solutions finales aux guerres en Afghanistan et en Irak ainsi que l'épineuse question de la prison pour "terroristes" de Guantanamo ont constitué des grandes préoccupations de la campagne du nouveau président. Il a évoqué un probable retour des soldats et une fermeture du cachot tant décrié. Le monde entier attend "son nouveau maître" au pied du mur. Son élection intervient dans un contexte économique et politique difficile. La crise financière grippe la croissance mondiale. La montée de la violence au Moyen-Orient, la résurrection des Talibans en Afghanistan, les fréquents attentats en Irak et récemment en Inde amenuisent les espoirs d'un monde paisible. L'année 2008 se termine sur une note sanglante. L'action des terroristes à Bombay entraînant plus d'une centaine de morts a dressé l'Inde contre le Pakistan. De même, la mise en application du "Plan durci" israélien pour contraindre les activistes du Hamas à abandonner le lancer des roquettes a conduit à une confrontation ouverte. L'on redoute maintenant un embrasement de toute la région. Comme les autres années, le Moyen-Orient reste la partie la plus agitée de la planète. "En 2008, cela fera soixante ans que dure le conflit israélo-palestinien. Le non-règlement de la question palestienne et surtout la politique du deux poids deux mesures à laquelle se rallie désormais Paris en s'installant dans le sillage de Washington alimentent la frustration et le ressentiment des populations des pays arabes et musulmans", écrit Hassane Zerrouky dans "L'Humanité" du 21 septembre 2007.
Le conflit israélo-palestinien met à rude épreuve les relations internationales. Il est la source de diverses dissensions entre le monde arabe et les pays occidentaux. Chaque camp rassemblant des "supporters" dans le monde. La persistance de cette "appréciation bipolaire" des problèmes de l'humanité rend difficile leurs résolutions. Cela se ressent même au sein de l'Organisation des Nations unies (ONU). Les résolutions butent le plus souvent sur le droit de véto d'un des cinq pays bénéficiaires s'érigeant en protecteur de l'Etat à sanctionner. Aujourd'hui, le règlement de la crise du Darfour se heurte au refus de la Chine. Néanmoins, la crise financière semble rapprocher les pays du Sud.
Ceux-ci ont fortement reclamé leur implication dans la refondation du système financier international. Une telle revendication a amené les huit (8) pays les plus riches du monde à élargir leur cercle aux douze Etats les plus émergents. La voix des "exclus" des grandes décisions planétaires commence à porter.
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