Par Ibrahiman SAKANDE
5 Janvier 2009
Doter le Burkina Faso de plus de femmes et d'hommes compétents constitue une préoccupation majeure du Président du Faso. Dans son programme politique (Le progrès continu pour une société d'espérance), ainsi qu'à toute adresse à la nation, à tout dialogue avec ses compatriotes, le Chef de l'Etat rappelle toujours de façon pédagogique la nécessité de la valorisation du capital humain. Dans son allocution de nouvel an 2009, il souligne avec pertinence : «Notre ambition d'accélérer la transformation du Burkina Faso passe impérativement par la valorisation du capital humain».
Si les acteurs de l'éducation, de la formation, de l'emploi et des droits humains ont été interpellés au premier plan, (...) nous sommes tous concernés par ce défi. L'avenir d'un pays ne peut être assuré que par des ressources humaines de qualité et diversifiées. Au-delà de l'indispensable division du travail à travers les différents secteurs d'activités, l'ultime besoin reste des formations académiques et professionnelles adaptées.
Cela passe par une réponse exacte à la question du développement, capable de répondre aux attentes réelles des populations. Si la mise à disposition des savoirs appropriés relève de l'obligation de l'Etat, l'acquisition des connaissances utiles pour la construction de la nation est un devoir de chacun, un devoir citoyen. Le désir d'apprendre et le plaisir de savoir, au bénéfice de tous et du développement solidaire, sont les meilleurs garants pour préserver le pays d'un dépérissement lent mais sûr... La création de passerelles entre les différents domaines de formation demeure une nécessité.
Il est important de rappeler la nécessité pour chacun de disposer de connaissances multidisciplinaires. Il s'agit là de pré requis pour amorcer avec succès une vie professionnelle multiforme. Cette donne suppose également un changement de mentalités, surtout celle qui fait la promotion du concept d'allogènes, interdisant l'accès de certains métiers ou professions à ceux dont la formation de base ne répond pas à des exigences souvent arbitrairement arrêtées.
Cette violation élémentaire des droits de citoyens honnêtes et capables crée des frustrations et des fractures dans certaines de nos administrations. Pourquoi ne pas prendre l'exemple chez ceux qui nous gouvernent ? La nomination à un poste ne tient pas forcément compte du profil de base... Les forces armées donnent également des exemples d'ouverture à prendre en considération. Etre militaire est déjà une profession complète. Et pourtant, ils sont nombreux ceux qui servent la République hors des casernes militaires : l'hôpital Yalgado, le Conseil national de lutte contre le Sida, le Laboratoire national de santé publique, certaines fédérations sportives, sont entre autres, dirigés par ces hommes hautement disciplinés. Alors, pourquoi croire que quelqu'un qui vient d'un autre domaine est forcément moins compétent que nous, par le simple fait que nous ayons suivi des enseignements professionnels. Plusieurs secteurs de la vie ont besoin de compétences élargies. Que serait le secteur sanitaire, par exemple, sans des spécialistes des sciences humaines et sociales comme les psychologues, les sociologues et même les maîtres des sciences de l'information et de la communication ?
En tous les cas, il est une lapalissade scientifique qu'il n'y a pas de domaines clos, exclusifs. Tous les secteurs sont connectés par des branches visibles ou non : chaque secteur d'activité fait partie d'un réseau de compétences diverses...
Le savoir, comme dans l'Afrique traditionnelle, est total et non parcellaire. Avec l'esprit cartésien, nous avons disséqué la connaissance, nous avons Å"uvré à une grande spécialisation des savoirs. Nous sommes trop souvent des savants éclairés dans un domaine limité, mais des ignorants dans d'autres secteurs de la vie. Or, nous sommes condamnés à la collaboration, à l'entraide. Il n'y a pas de domaine réservé (...). C'est ainsi que, dans les pays qui avancent, il est possible de goûter à plusieurs vies professionnelles. Une diplomate, d'un grand pays, actuellement accréditée au Burkina Faso, avec un diplôme de musique, a fait une première carrière dans l'armée avant de réussir au concours de la diplomatie. Et si notre pays tentait l'aventure (...), une aventure certainement gagnante...
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