Amadou Diagne Niang
5 Janvier 2009
Dans la vallée du fleuve, la Société d'Aménagement et d'Exploitation des terres du Delta et de la Falémé -SAED-, vient d'ouvrir de nouvelles voies dans le domaine de la culture irriguée. Dans le département de Podor, on s'attend en ce mois de janvier à une production record de riz.
Les aménagements hydro-agricoles sont passés de 6 600 hectares en 2007 à 7 600 hectares cette année, soit une augmentation de 1 000 ha.
Autre fait nouveau, c'est la disponibilité à temps de l'engrais, un effort assez important des autorités envers les producteurs de la filière riz, qui a permis un taux de remboursement à hauteur de 98 %, confie M. Abdoulaye Diallo, ingénieur délégué à la SAED de Podor qui estime que « ce pourcentage est le meilleur du pays ; ailleurs, je ne pense pas que l'on soit arrivé à ce point avec le riz ».
Ce résultat est le couronnement des efforts déployés par le Chef de l'Etat à l'endroit du monde rural, par l'octroi de groupes motopompes aux producteurs. « Il s'est engagé à respecter en permanence, la qualité des produits et services pour la satisfaction des besoins et attentes du monde rural » a poursuivi M. Diallo.
On a ainsi noté un bon début de campagne dans le département de Podor et même de l'argent du contribuable a été utilisé dans le riz local. Ce qui fera dire à l'ingénieur délégué que les paysans doivent désormais y penser en fixant le prix de leur denrée.
C'est une rupture avec l'ancienne pratique. Le paysan de l'irrigué n'est plus laissé à lui-même ; il a été bien outillé avant la campagne presque en tout, avec même l'ouverture d'un compte entretien et renouvellement pour son GMP. Ce sont en effet les nombreuses pannes de ces engins qui faussent pour la plupart du temps le calendrier cultural.
C'est pourquoi l'ingénieur délégué parle « d'un souffle nouveau » avant d'apprécier « la logique d'un engagement » qui respecte tous les paramètres gravitant autour de ce que doit être une bonne campagne agricole.
Avant l'entame de la campagne, même l'institution financière qu'est la Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal -CNCAS- n'était pas en reste, avec un prêt à hauteur de 823 571 000 F CFA.
La SAED est venue avec son appui technique et la formation des relais « qui sont les meilleurs paysans que les gens de la société ont formé ». Ces derniers ont été à la hauteur des attentes placées en eux et ils ont déjà commencé la récolte qui est surtout attendue en janvier 2009. Dans certains périmètres, les batteuses fixes sont à pied d'oeuvre.
La SAED a mis les moyens nécessaires et à temps et déjà, certains paysans ont fixé le prix du paddy à 150 F le kilogramme, le riz entier à 300 F, nous dit-on. Autre dividende de cette céréale, c'est son apport nutritif à travers sa paille pour le cheptel.
A preuve, dans le département de Podor qui a accusé cet hivernage un déficit pluviométrique, il n'y a pas eu assez d'herbe et pourtant il n'y a pas eu de transhumance, grâce aux nombreuses parcelles irriguées. L'abondance de la paille a amélioré considérablement la sécurité alimentaire du bétail, pas un berger ne s'est plaint.
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