Maguette Ndong
5 Janvier 2009
Les 72 heures organisées ce week-end par le mouvement hip-hop sénégalais ont permis aux acteurs de se retrouver pour sceller leur unité et de travailler pour la bonne cause. Occasion saisie par le ministre de la Culture, Mame Birame Diouf d'inviter les acteurs à un partenariat avec son ministère.
C'est une première dans l'histoire du Hip-hop Galsen ( Made in Sénégal). Durant trois jours, du 1er au 3 janvier dernier, rappeurs, graffeurs, « breakers », disc-jockeys et autres acteurs du mouvement ont fait vibrer Dakar à travers différentes activités.
Les 72 heures de Hip-hop ont vu près de 200 groupes de rap se succéder sur la scène du Centre culturel Blaise Senghor, les breakers se livrer à des démonstrations spectaculaires. Les graffeurs quant à eux ont séduit par les graffitis qu'ils ont déployés sur les murs. L'occasion était aussi saisie pour montrer toute la créativité des acteurs du mouvement hip-hop.
A travers une exposition, il a été permis au grand public de découvrir la mode « street wear » portée par les acteurs du mouvement.
Cela va des blousons « Az Ouz » en passant par les T-shirts « J-Mo » et autres chaussures. La manifestation n'a pas été que rap, dance et mode puisque des débats portant sur les origines du mouvement et la poétique du texte de rap ont été animés par différents conférenciers.
Sur cela, le rappeur Fou Malade du Bat Haillon Blin'D soutient : « Les conférences sur les origines du hip-hop et sur la poétique du texte de rap sont là pour montrer que le rap est intelligent. Il est vrai que chaque génération vient avec son style, mais chaque rappeur porte la responsabilité du texte qu'il écrit ».
Au-delà du débat sur le texte de rap, l'organisation de ces 72 heures du hip-hop vient mettre le doigt sur les différents maux dont souffre le mouvement. D'abord à la « dispersion » qui caractérise le mouvement depuis plusieurs années.
« Cela n'arrange pas les choses, estime Fou Malade. On a besoin de se regrouper, d'être ensemble pour que les choses aillent de l'avant ».
Là, le rappeur Simon du label « Jolof for life », conscient des « animosités naturelles » existant chez les rappeur, nuance : « On n'a pas besoin de s'entendre, mais juste former une famille, avoir une maison et que si cette maison brûle, tous les rappeurs viennent pour éteindre le feu ».
Se retrouver autour de l'essentiel
Au cours de la première journée de ces 72 heures, Didier Awadi a indiqué la nécessité pour les acteurs de « se retrouver autour de l'essentiel » et se battre pour la même cause. Faisant partie des précurseurs du hip-hop Galsen, Didier était heureux de constater que les autorités ont finalement admis que les rappeurs existent.
Pour sa part, le ministre de la Culture Mame Birame Diouf a fait remarquer qu'il est le ministre chargé de « tous les arts du Sénégal ». Avant d'annoncer qu'à partir de maintenant, un véritable partenariat sera noué entre le mouvement hip-hop et son ministère.
Il a d'ailleurs tenu à rassurer les acteurs du mouvement en indiquant qu'il est de sa mission, en tant que ministre de la culture, de promouvoir toutes les formes d'expression culturelle.
« Vous devez recevoir autant que les autres », leur a-t-il signifié. Et dans la perspective du prochain Fesman III, Mame Birame Diouf n'a pas manqué d'inviter les rappeurs à jouer leur partition dans ce grand événement culturel de l'histoire de notre pays.
Cet appel du ministre n'est pas entré dans l'oreille d'un sourd, puisque les rappeurs ont déjà mis sur pied un comité chargé de piloter les projets du hip-hop Galsen.
« Ce comité, signale Simon, va se charger de l'organisation de certains festivals, de pérenniser les 72 heures et de régler les problèmes vitaux du mouvement ».
Le grand projet sur lequel est en train de plancher le comité est d'ailleurs la mise sur pied d'une mutuelle de santé pour les acteurs du mouvement.
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