L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Lova Rabary-Rakotondravony et Iloniaina Alain
5 Janvier 2009
Le ton monte du côté du pouvoir. Le président Ravalomanana a clairement signifié samedi, que le pouvoir ne se laissera pas intimider par tout acte de déstabilisation. Intervenant à dix jours de l'expiration de l'ultimatum lancé par Andry Rajoelina, maire d'Antananarivo, la déclaration prend l'allure d'une véritable mise en garde.
« Nous disposons du savoir-faire et des moyens matériels pour venir à bout des fauteurs de troubles et de ceux qui cherchent la déstabilisation », a déclaré le chef de l'état devant les principaux responsables de la sécurité intérieure. Dirigés par le Premier ministre, Charles Rabemananjara, et le secrétaire d'état chargé du département ; ces derniers ont présenté leurs voeux de Nouvel an au président de la République, samedi.
Le chef de l'état n'a cité de nom en particulier. « La loi n'est pas seulement pour une telle ou une telle frange de la population», a-t-il indiqué. Et la menace destinée « à ceux qui, habitués aux anciennes pratiques, à ceux qui sont tentés de plaisanter avec la sécurité », est à peine voilée.
Ravalomanana promet que tout acte pouvant s'apparenter à des manoeuvres de déstabilisation du pouvoir devrait être sévèrement réprimé. « Cette année, nous démontrerons nos forces et nos capacités en matière de sécurité », a-t-il assuré.
Le régime met en avant la nécessité du respect de la loi pour justifier son attitude. Le chef de l'état affirme ne vouloir que « faire respecter l'état de droit et la bonne gouvernance ».
« Personne n'est au-dessus de la loi, et tout le monde y est soumis », a-t-il ajouté.
Démonstration de forces
Devant le coup de semonce du chef de l'état, le Premier ministre Charles Rabemananjara a promis de veiller aux grains. Il assure vouloir « tout mettre en oeuvre pour appliquer la loi » et faire régner la sécurité.
Jusqu'ici discret sur la question, le pouvoir commence à montrer qu'il n'est pas insensible à l'ultimatum lancé par Andry Rajoelina, maire d'Antananarivo, réclamant plus de liberté d'expression et de démocratie. Au fur et à mesure que l'échéance du 13 janvier approche, son discours se fait plus précis et plus ferme. Et il donne l'impression de ne pas vouloir céder aux revendications du magistrat de la Ville et se prépare en conséquence.
La logique d'affrontement s'installe peu à peu entre le gouvernement et Andry Rajoelina, soutenu par une plate-forme de l'opposition et une partie de la société civile. Si le gouvernement se montre de plus en plus pressant, le maire de la capitale avance également peu à peu ses pions. Il compte organiser un rassemblement, sous forme de culte, sur un lieu annoncé comme l'une des places de la démocratie à Ambohijatovo. Le rendez-vous est fixé pour le 11 janvier, soit deux jours avant l'expiration de l'ultimatum.
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