Hamidou Sagna
5 Janvier 2009
La lutte contre la pauvreté des femmes et autres fléaux, engagée dans nombre de localités de l'intérieur, va s'installer aux Hlm. L'initiative est de la délégation spéciale de la commune d'arrondissement qui a convié les organisations communautaires de base de la localité à un forum sur la question.
'Le Sénégal est en avance sur les questions relatives à la femme dans la sous-région'. Cette assertion n'est pas de n'importe qui. Elle est de la présidente et fondatrice de l'Association des femmes de la Médina (Afeme), Mme Ndèye Yacine Diop Diagne Thioune.
Elle faisait face à un parterre de femmes, membres de Groupements d'intérêt économique (Gie), d'associations, de plate-formes et de jeunes filles en formation socio-professionnelle, à l'occasion du forum sur la mutualisation entre partenaires au développement et organisations communautaires de base (Ocb) de femmes de la commune des Hlm.
Militante de la cause de la femme depuis plus d'une trentaine d'années, Mme Thioune a été vice-présidente d'Anafa, une Ong bien connue dans la lutte pour la promotion de la femme. Son implication dans la bataille pour la libération de la gent féminine l'a conduite un partout en Afrique. Et depuis quelque temps, elle a ajouté à son arc les huit objectifs du millénaire pour le développement (Omd).
A en croire la conférencière, 'en termes de lois et de faveurs faites aux femmes, nous sommes enviées. Mais, modère-t-elle, il reste encore du chemin à parcourir pour briser le chemin de croix de la femme dans notre pays'. Pour s'en convaincre, Mme Thioune parcourt les huit Omd et les soumet à la réalité quotidienne.
Naturellement, ce qui en ressort n'est pas reluisant. 'La pauvreté est là. Pour la combattre et tirer les femmes qui luttent pour la survie, il faut leur trouver autre chose', prévient-elle. 'L'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes n'est pas encore une réalité.
Parce qu'il y a des hommes qui abusent de leur position', dénonce la présidente d'Afeme qui déroule un regard tout aussi inquiétant sur la mortalité maternelle et le sida, deux drames qui affectent les femmes.
L'implication des femmes aux instances de décision est, pour Mme Thioune, un voeu pieux. 'Au conseil municipal de la commune d'arrondissement de la Médina, sur 56 conseillers, il y a 16 femmes dont seulement 6 sont actives', lance-t-elle.
Sa critique fait bondir de rage nombre de femmes qui annoncent leur intention de rompre le monopole des hommes. 'C'est bien à notre portée. En 2012, nous voulons avoir 2 000 membres', s'avise une femme membre d'Afeme, une association venue au forum présenter son expérience en teinture et en savonnerie.
'Tout se passe dans un espace réduit à la Médina, mais chaque jour, nous fabriquons 500 savons, tous vendus et nos pagnes se vendent même dans la sous-région', assure Mme Thioune. De quoi doper les Ocb des Hlm, elles qui se félicitent de la tenue d'une telle rencontre dans leur collectivité locale.
'C'est une première ici. Car, jusque-là, on ne peut rien entreprendre de durable avec ces politiciens qui infiltrent les Ocb et créent des organisations fictives', fustige Penda. Le propos inspire, sans doute, la crainte du représentant de Pamecas qui s'interroge sur la pérennisation des activités.
En tout cas, la délégation spéciale de la mairie d'arrondissement des Hlm a planté un arbre. 'Au regard de la problématique du genre dans les politiques de populations, la commune d'arrondissement des Hlm, compte tenu du travail de proximité effectué en faveur des jeunes, a entrepris des actions de soutien et créé un réseau d'appui aux Associations sportives et culturelles (Asc) et mouvements de jeunes', explique la directrice du Centre de promotion et de réinsertion sociale de Liberté 3 A, Mme Marie Rose Ndiaye Seck, par ailleurs membre de la délégation spéciale de la mairie d'arrondissement des Hlm.
'L'objectif général est de créer une synergie entre acteurs sociaux, collectivités locales et partenaires au développement par la création d'un réseau des Ocb de femmes résidant au sein de la collectivité', ajoute-t-elle.
Tout cela est parti d'une enquête sur les activités des femmes. Laquelle enquête a montré que la vingtaine d'Ocb des Hlm s'active dans les activités génératrices de revenus, de micro-finance à travers le commerce, la teinture, la transformation de produits locaux, la couture, le micro-jardin, le micro crédit, etc.
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