Agence Nouakchott d'Information (Nouakchott)

Afrique du Nord: Trafic de drogue au Maghreb - Danger et itinéraires des grands cartels transsahariens

Ousmane WAGUE

5 Janvier 2009


(Page 2 of 2)

C'est en mettant sous bonne garde cet itinéraire que les forces combinées de la gendarmerie, de la police, de l'armée nationale, des garde-côtes et de la douane algériennes ont déjoué les plans diaboliques des frères Chenafa qui, par six fois, ont vainement essayé de faire passer d'importantes quantités de kif. De la sorte aussi, les résultats des forces de l'ordre et avec eux les saisies sont allés crescendo.

Selon des statistiques les plus récentes, 1.800 kilogrammes de kif ont été saisis en divers endroits d'Algérie. Ceci prouve, à qui en douterait, l'efficacité du système de lutte mis en place et l'acharnement des trafiquants à protéger leurs sources d'approvisionnement au Maroc, pays caracolant en tête des producteurs du produit prohibé. Cependant et malgré la perspicacité des différents corps, la lutte contre le trafic de stupéfiants enregistre de nouveaux progrès avec d'autres prises aussi importantes puisque oscillant entre 26 et 19 quintaux.

Réussies en un temps record, ces prises constituent autant de succès à inscrire à l'actif des services en charge de la lutte contre le fléau. Les relations s'étant tendues entre le Maroc et l'Espagne à propos de l'émigration clandestine et les frontières de la péninsule ibérique hermétiquement fermée, c'est sur l'Algérie que les barons ont finalement jeté leur dévolu pour poursuivre leurs basses besognes.

Lors de la présentation du plan maghrébin de lutte contre le trafic et le commerce de drogue, un responsable maghrébin a émis ses vifs souhaits de voir les autres Etats intensifier la lutte contre le tristement célèbre trafic. « Il appartient aux autres Etats, à l'exemple de la Libye et du Maroc, de s'associer à l'effort dans la lutte contre le trafic de stupéfiants comme le dictent les conventions internationales et l'intérêt commun », a déclaré ce haut responsable.

Toujours à ce propos, les statistiques onusiennes font apparaître que le Maroc consacre 134.000 hectares à la culture du kif et récolte 4.000 tonnes du produit prohibé. Commercialisé, ce poison rapporte annuellement aux producteurs et trafiquants marocains de 12 à 14 milliards de dollars US. Des sources fiables font remarquer que l'Algérie ne sert que de transit et occupe une place de choix parmi les pays luttant contre le trafic de drogue.

Il y a une année, une opération effectuée par les services de la Gendarmerie nationale à Alger, a permis la saisie de 12 000 comprimés du médicament « Rivotril » stockés illégalement dans une pharmacie. Selon les chiffres publiés par les services de sécurité et la Gendarmerie nationale, à propos des quantités de produits hallucinogènes saisies dans les réseaux de trafiquants de drogues en Algérie, le phénomène augmente constamment, car la quantité de produits saisis en 2007 a dépassé les 308 000 comprimés.

À leur tête on trouve ce qu'on appelle dans les milieux de toxicomanes « la pilule rouge », c'est-à-dire les comprimés de « Rivotril ». Les médecins spécialistes affirment que le sirop « Rivotril » est le plus dangereux des hallucinogènes et qu'il peut conduire directement à la folie. Les dernières études médicales indiquent que plus de 70 % des calmants comme le « Rivotril », le « Diazipam », le « Temesta » et le Valium sont vendus comme des produits hallucinogènes c'est-à-dire comme drogues.

Des centaines de trafiquants dans les prisons libyennes et tunisiennes

Dans la région ouest et orientale de la Méditerranée, le trafic de la drogue prend un autre itinéraire. La péninsule ibérique leur étant fermée, les barons ont tendance à axer leur activité sur la frontière est algérienne pour faire écouler leur produit. Pour ce faire, Mechraa Nouar et Kesdir, entre autres, se sont transformés en de principaux centres de distribution des drogues aux côtés d'autres points de transit.

Pour introduire le kif en Algérie, les trafiquants utilisent des camions, tracteurs et bêtes de somme. Confié à leurs relais en Algérie, la marchandise est acheminée vers le Nord et l'Est avant de prendre la direction de l'étranger, via la mer ou les voies terrestres. Pour dérouter les chiens renifleurs, ils ont même trouvé la parade : ils répandent du tabac à chiquer sur les plaquettes de kif.

On a appris dernièrement que plusieurs centaines d'Algériens, âgés entre 20 et 40 ans, croupissent depuis de longs mois dans les prisons libyennes et tunisiennes pour leur implication dans ce trafic. Parmi les détenus algériens en Libye, dont personne ne connaît avec exactitude le nombre, plusieurs seraient morts en détention alors que d'autres attendent toujours d'être jugés. Certaines sources assurent que le nombre de ces détenus en Libye s'élève à 700, répartis entre les prisons de Tripoli, Jadou, Sarman, Naalout, Benghazi, Gharyan et autres. En Tunisie, leur nombre approcherait les 300.

Dans l'implacable lutte contre le trafic des différentes formes de drogues, l'échec de trois tentatives successives a permis aux services en charge de cet épineux dossier d'identifier les barons. Ainsi, l'échec essuyé lors de la tentative d'introduction de 7 quintaux de kif à Bouguern, celui au cours duquel 26 autres quintaux ont été interceptés au niveau du carrefour de Bougtoub ainsi que la prise de 1.900 kilos le 4 avril dernier au djebel Malha, ont porté le coup de grâce aux patrons de ces réseaux.

Ces différents succès ont été couronnés par la prise de 3.000 autres kilos de kif en Algérie. Lors de leurs interrogatoires, les personnes arrêtées pour leur implication dans ces trafics ont reconnu que les lieux-dits Kesdir, Aïn Benkhellil, Abdelmoula puis Mecheria en direction de Bougtoub et Kheïter, situés à la frontière est de l'Algérie constituent les points de départ des dangereux trafics. Ils ont de même assuré que, souvent, la drogue est orientée sur la Libye, la Tunisie et l'Egypte, via la route d'El-Bayadh-Tousmouline puis le carrefour de Ourgla-Ménia.

Selon de diverses sources concordantes, la Libye occupe aussi une place stratégique dans le trafic de la drogue en direction du Moyen-Orient, de l'Afrique et de l'Europe. Le dispositif mis en place en Algérie n'étant pas parfait, les barons de la drogue essayent d'élargir leurs funestes activités à la cocaïne et à la marijuana.

Les intenses activités des trafiquants de drogue incitent à faire la relation avec ces trafics et le blanchiment d'argent. Dans le commerce de la drogue, un nouveau produit fait son apparition. Il s'agit de « l'Extasy », une drogue que les réseaux internationaux introduisent à partir du royaume chérifien selon l'observatoire international des stupéfiants. Ainsi la Mauritanie ne semble pas à l'abri du trafic que les barrons de ces réseaux mènent non sans difficultés qu'ils contournent avec créativité.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Agence Nouakchott d'Information. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Afrique du Nord

Rubriques