5 Janvier 2009
Luanda — L'organisation des spéctacles musicaux par passion ou par nécessité commerciale a cessé d'être de la " mer à boire" pour les hommes d'affaires culturels du pays, particulièrement ceux qui réalisent les productions dans la capitale.
La libéralisation du marché a recouvré sa valeur avec l'organisation des shows à Luanda où il existe près de 45 promoteurs officiels.
La situation actuelle est différente des autres périodes, principalement vers les décennies 70 et 80. Les motivations des productions ont cessé d'être un divertissement, pour la plupart des promoteurs, le côte "invisible" de l'action est apparu: le bénéfice.
La capitale angolaise, en temps de paix, constitue un marché libéral et attrayant pour les astres de la "world music", qui sont payés parfois par concerts, des cachets supérieurs à ceux attribués aux mêmes artistes dans certaines régions de l'Afrique Australe.
Depuis les années 90, Luanda accueille régulièrement les artistes en provenance du Brésil, Cap-Vert, des Antilles, de São Tomé et Principe ainsi que des Etats-Unis, mais l'arrivée de ces artistes n'a pas été facile du point de vue du contrat.
Certaines données pour réaliser des concerts avec des artistes connus comme Roberto Carlos, Djavan, Julio Iglesias, 50 Cent, Jay-Z, The Game, Cesária Évora, Busta Rhymes, Eminem, Sean Paul, Fat Joe, Ivete Sangalo ou Kassav (qui se sont déjà produits à Luanda), indiquent que chaque contrat coûterait plus de 50 mille dollars.
La venue de certains d'entre-eux avec leurs orchestres, a exigé un investissement de près de 500 mille dollars qui servaient à la location de salles, au son et à l'éclairage au podium, aux agents de sécurité, à l'achat des tichets, au logement, l'alimentation, le transport dans la ville, la publicité et la confection des tickets.
Bien de fois, le cachet égal ou supérieur à 100 mille dollar était demandé pour un seul concert.
(Coopération entre l'Etat et les entreprises privées)
Depuis l'implantation du système économique capitaliste et du régime démocratique en Angola, l'Etat joue un rôle de fisc actif, en organisant ou en appuyant directement les activités moyennes.
Conscient des responsabilités et charges financières qu'exige la reconstruction nationale, le gouvernement a permis aux hommes d'affaires d'assumer avec leurs propres risques et moyens, de signer des contrats avec les grands artistes.
(Que valent les artistes nationaux?)
Selon les analystes, les hommes d'affaires et les partenaires liés, il y a longtemps à ce type des manifestations culturelles, les artistes nationaux ne coûtent pas de près ou de loin aux étoiles internationales, mais du moins leur cachet a augmenté.
Signer un contrat avec Barceló de Carvalho "Bonga" et son ensemble, Carlos Burity ou Valdemar Bastos et son orchestre peut coûter 30 à 60 mille dollars pour une production.
Avec l'ouverture du marché, les jeunes musiciens, comme Caló Pascoal, Yola Semedo, Paulo Flores, Matias Damásio, Konde, Maya Cool, Yuri da Cunha ou Patrícia Faria (avec son ensemble) demandent 20 à 25 mille dollars, alors qu'un show en plein air d'un de ces musiciens nationaux, à certaine occasion, atteint 60 à 80 mille dollars.
(Variété de prix et critères de contrat)
A Luanda, comme dans le reste du pays, il n'y a pas de tarif officiel orientant les cachets spécifiques pour les spectacles, la fête d'anniversaire, le mariage ou les activités philanthropiques d'où la différence de prix de chanteurs avec la même valeur et statut.
Le montant du contrat dépend de divers facteurs, notamment l'intimité avec l'artiste invité, le temps que le musicien passera au podium, la spécificité de l'événement, le poids de l'artiste, son succès.
Les promoteurs expliquent que dans cette ville, il existe un 3ème groupe de chanteurs et groupes connus dont le tarif ne dépasse pas 700 dollars pour un show, en qualité d'invité. Dans cette catégorie, il y a lieu d'inclure les "Kuduristes" et les rapeurs même d'autres interprètes de la "Semba" et "kizomba avec des CD sur le marché demandent le même montant.
(Rentabilité des affaires)
Organiser un show à Luanda demande une certaine influence auprès des bailleurs de fonds si vous voulez en faire une activité rentable. Certains promoteurs reconnaissant les difficultés pour faire des bénéfices, particulièrement parce qu'ils exigent une forte réflexion autour du secret qui est à la base des financements obtenus par les principaux agents du spéctacle.
Face à ce cadre, une question inquiète: qui assume effectivement les contrats et combien les promoteurs payent leurs impôts dans les caisses de l'Etat.
Pour se faire une idée, à chaque contrat, le promoteur peut empocher plus de 150 mille dollars seulement par la vente de billet (si le prix minimum était de 2.500 kwanzas (30 dollars) dans une salle de 5 mille places.
Au cas où vous optez pour une salle de 20 mille spectateurs, comme au stade, avec ce prix, la valeur gagnée en vente de billet peut dépasser 600 mille dollars.
(Exigences de la loi et point de vue de la classe)
Chaque citoyen est libre d'opter ou non pour ce commerce en croissance. L'actuelle loi qui règle l'activité de la promotion des spéctacles et divertissements publics du pays, rendue publique le 9 avril 1971 n'impose pas de limite de prix et n'oblige pas le promoteur à privilégier les artistes nationaux. Mais les musiciens contestent.
Pour plusieurs artistes, il y a des chanteurs à Luanda capables de faire mieux que certains musiciens de notoriété internationale qui gagnent beaucoup d'argent sans convaincre au poduim. Mais pour les hommes d'affaires, c'est le nom de l'étoile qui compte; et se vend bien.
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