L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Andry Rajoelina durcit le ton

Iloniaina Alain

6 Janvier 2009


De retour de ses vacances de fin d'année, le maire d'Antananarivo a affiché sa détermination dans son bras de fer avec l'État. Il a annoncé qu'il maintenait son ultimatum du 13 janvier à l'adresse des autorités pour la réouverture de la station Viva TV.

Andry Rajoelina, maire d'Antananarivo, maintient le cap malgré la mise en garde du gouvernement et l'échec de tout bras de fer engagé contre ce dernier depuis 2002. De retour d'un voyage en France, il réaffirme sa détermination à aller jusqu'au bout, voire au-delà de l'ultimatum qu'il a lancé au gouvernement, réclamant plus de liberté d'expression.

«C'est une parole donnée», a promis avec verve Andry Rajoelina, fondateur de l'association Tanora malaGasy Vonona (TGV) hier matin, à son arrivée à Ivato. Requinqué, il fait le point de la suite qu'il compte donner aux revendications qu'il a lancées le 23 décembre. Les réclamations concernent, entre autres, la réouverture des médias fermés par le pouvoir central et la possibilité d'émission sur l'ensemble du territoire.

Andry Rajoelina met un peu plus de pression pour appuyer ses réclamations. «Tout cela devrait être suivi d'actions concrètes», a-t-il clamé, en lançant la balle du côté du gouvernement. En même temps, le fondateur de TGV laisse entendre un plan suivant la réponse de l'Exécutif. «Il y aura une suite à donner aux revendications», a-t-il assuré.

Lors de son intervention, le maire d'Antananarivo veut montrer qu'il est prêt à se frotter au régime malgré la mise en garde répétée de ce dernier. La présence de ses proches collaborateurs et de ses partisans à Ivato s'apparente à un message du soutien dont il dispose dans le combat qu'il mène.

Point de non-retour

Andry Rajoelina souhaite également s'affirmer comme le rassembleur d'une cause qu'il symbolise. «Il ne s'agit pas seulement des mes revendications mais aussi de celles des habitants d'Antananarivo, voire de tout Madagascar», a-t-il indiqué.

Au-delà du rappel des signes de ralliement sur place, le fondateur de TGV a aussi laissé entendre des contacts multiples qu'il a eus lors de son séjour en France. «Beaucoup de gens m'ont sollicité, mais faute de temps, certaines discussions se sont limitées au téléphone», a-t-il soutenu sans pour autant livrer la liste de ses interlocuteurs.

Le point de non-retour est donc atteint dans le face-à-face entre Andry Rajoelina et le pouvoir central. Et le compte à rebours continue inexorablement jusqu'à la date fatidique du 13 janvier.

Du côté du pouvoir, le ton de la fermeté reste invariablement de mise malgré la pression. Pour la quatrième fois en moins d'une semaine, le président Ravalomanana est revenu personnellement à la charge pour montrer son inflexibilité.

«Nous ne cédons pas devant les provocations et les plaisanteries», a-t-il insisté hier, lors du conseil des ministres à Iavoloha. Le chef de l'État a évoqué la situation médiatique tout en faisant allusion au cas de la station Viva-TV de Andry Rajoelina, fermée par le gouvernement.

Encadré

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Test grandeur nature le 11 janvier

Andry Rajoelina confirme la tenue d'un culte au stade d'Ambohijatovo le 11 janvier, soit deux jours avant l'expiration de l'ultimatum qu'il a fixé. «Il s'agit d'un culte pour demander grâce à l'occasion du Nouvel an afin d'apporter la lumière à toutes les obscurités», a-t-il expliqué.

Le maire de la capitale met la pression pour que les autorités n'interdisent pas la manifestation. «Les autorités sont toutes des chrétiens», a-t-il soutenu. Mais au-delà du contenu, le rassemblement constitue une démonstration de force pour Andry Rajoelina, malgré sa réfutation.

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