Bienvenu Marie Bakumanya
6 Janvier 2009
Kinshasa — Les trois paramètres de la structure des prix des produits pétroliers ont connu des fluctuations. La baisse aurait été plus sensible si le franc congolais avait gardé sa valeur. La structure des prix des carburants est constituée de trois principaux paramètres. Il s'agit du taux de change, du prix sur les marchés mondiaux et du «prix moyen frontières».
Les deux derniers paramètres ont connu des fluctuations à la baisse entraînant une baisse sensible des prix. En fait, le prix du baril du pétrole est passé du pic de 150 Usd à moins de 45 Usd. Cette réduction du prix de l'or noir sur les marchés mondiaux a amené le ministre de l'Economie nationale à réviser dans les mêmes proportions les prix à la pompe. Au courant du dernier semestre 2008, trois arrêtés ont été pris par André-Philippe Futa pour adapter le prix pratiqué à l'intérieur des frontières nationales à l'évolution positive.
L'autre paramètre, à savoir les «prix moyens frontières» a connu également la même tendance. Elle est restée baissière depuis que les principaux fournisseurs avaient décidé de ne plus exercer une plus grande pression sur le marché, en diminuant l'offre. Ainsi, avec des productions proportionnelles aux demandes, la surchauffe n'a plus eu droit de cité, malgré la forte demande des économies émergentes de l'Asie.
Cette tendance, qui se conforte davantage, devrait conduire à une situation antérieure. C'est-à-dire que dans la partie occidentale du pays, le litre d'essence équivaut quasiment à la valeur en franc congolais d'un dollar américain. Malheureusement, la maîtrise, avec certitude, de ce paramètre par le gouvernement n'est pas totalement acquise. Ce qui fait dire aux observateurs que le prix actuellement pratiqué risque de n'être que de courte durée. Toutefois, il était du devoir du ministre de l'Economie nationale de respecter la discipline qu'il s'était imposé de pratiquer la vérité des prix particulièrement en ce qui touche les produits pétroliers.
La dernière baisse enregistrée le 31 décembre 2008 démontre clairement cette volonté renouvelée de ne point faire payer aux Congolais un franc congolais de plus sur le litre de l'essence ou de tout autre produit. Il va de soi que cette tendance baissière ne sera pas soutenue par l'évolution fébrile du taux de échange du franc congolais par rapport à la devise américaine, le dollar. La crise financière mondiale, qui va influencer sans aucun doute la demande mondiale, risque d'assécher les finances congolaises avec sa cohorte de déficits en réserve de change.
Comme il se constate, le taux de change sera un agent perturbateur de la structure des prix du carburant au cours de l'année 2009. Déjà, il a réduit l'impact de la baisse des prix décidée par le ministre de l'Economie nationale. Désormais, le litre de l'essence revient à 640 francs congolais, le gasoil est fixé à 635 francs congolais et le pétrole à 565 francs congolais à l'Ouest alors qu'à l'Est le litre d'essence se négocie à 750 francs congolais, le gasoil à 745 Fc et le pétrole à 745 FC.
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