Kinshasa — La proposition de la communauté internationale de voir les FARDC et l'Armée patriotique rwandaise (APR) collaborer pour traquer les FDLR (Front démocratique de libération du Rwanda) qui occupent certaines parties de l'Est du pays, n'a pas laissé indifférente la Société civile du Sud-Kivu. C'est ainsi que cette dernière, par la bouche de son président, réagit contre une telle proposition et propose à son tour des stratégies nouvelles.
A la veille de la reprise des négociations à Nairobi, sur la recherche d'une paix durable dans l'Est de la République démocratique du Congo, rapporte radio Okapi, la Société civile du Sud-Kivu monte au créneau. Dans une déclaration faite dimanche dernier à Bukavu, Cyprien Biringingwa, président provincial de la Société civile du Sud-Kivu, a donné son point de vue en ces termes : «Nous pensons que la stratégie consistant à mener une opération conjointe FARDC-Armée rwandaise contre les FDLR va montrer ses limites, quand l'armée rwandaise va communiquer en kinyarwanda avec les FDLR, nous ne savons pas le sort qui sera réservé aux militaires des FARDC.
Nous craignons également pour la sécurité des populations civiles qui risquent de se retrouver entre plusieurs feux. Une opération du type Artemis pourrait être beaucoup plus efficace. Nous avons déjà demandé à l'autorité de convoquer une table ronde qui lui permettrait de faire prévaloir le point de vue de la population du Sud Kivu».
A titre de rappel, la proposition visant la traque des FDLR par les armées de deux pays a été faite lors d'une conférence organisée l'année dernière à Naïrobi, au Kenya. Mais jusqu'à ce jour, le Rwanda et la RDC ne sont pas tombés d'accord pour passer aux actes. Certains observateurs ont estimé qu'il y avait beaucoup de risques et de conséquences néfastes devant découler de cette opération contre la population civile.
La communauté internationale qui s'est aussi impliquée dans la recherche de solution à ce problème s'est mise à persuader les FDLR pour regagner volontairement le Rwanda et une bonne partie a déjà quitté la RDC. Il y a lieu de se demander si la proposition faite par la Société civile aura bien la chance d'aboutir face au coût de l'opération qu'elle suggère actuellement.

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