Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Dakar 2009 - Coma et Al Attiyah, un jour sur deux...

B. Khalifa Ndiaye

6 Janvier 2009


 Si la « fortune du désert » ne leur tourne pas le dos et s'ils maintiennent leur cadence actuelle avec une victoire tous les deux jours, l'Espagnol Marc Coma (KTM n°2) en moto et le Qatari Nasser al Attiyah (BMW n° 302) seront difficiles à déloger du haut du tableau. Au troisième jour, ces deux là ont frappé entre Puerto Madryn et Jocobacci, comme ils l'avaient fait lors de l'étape initiale Buenos Aires - Santa Rosa de la Pampa.

Cependant, c'est Coma, vainqueur du Dakar 2006, qui a fait plus fort. Il a mis 17 mn49 à son suivant immédiat le norvégien Pal Anders Ullevaseter (KTM n°4). Ce qui, au moment d'aborder la 4ème étape, ce matin, entre Jacobacci et Neuquen (488 km dont 459 de spéciale), en fait un confortable leader chez les « deux roues » avec 39mn11 d'avance sur le Français David Frétigné (Yam n°12) et surtout 1h32mn50s du tenant du titre le Français Cyril Desprès (KTM n°1), seulement 22ème au classement général.

Quant à al Attiyah, sa deuxième victoire d'étape lui a permis de se glisser sur l'ensemble de la course entre les 2 pilotes de tête de Volkswagen, l'Espagnol Carlos Sainz (VW n° 301) et le Sud africain Giniel de Villiers (VW n° 305).

C'est dire donc, d'une part, que le premier a conservé son fauteuil de leader chez les autos grâce à sa deuxième place d'étape hier, ne concédant que 35 secondes au Qatari et d'autre part, que le second ne s'est pas si mal comporté avec sa 4ème place du jour.

Pour la 4ème manche, aujourd'hui entre Jacobacci et Nuequen, on prévoit une « étape - piège ». Les écarts pourraient se creuser ou a contrario fondre comme beurre au soleil de la Patagonie.

Bivouac Chronique d'un Dakarien Histoire d'avions...

Jacobacci (Argentine) : Le bouche-à-oreille avait fonctionné à merveille. Si bien qu'avant même le début de Dakar 2009, on savait déjà qu'il y aurait un avion militaire pour transporter la presse. Mais on ne se doutait pas qu'en même temps que le ticket d'embarquement pour rallier la fin de la toute première étape, on aurait également droit à des ... bouche-oreille.

C'est que ce Hercule C130 chargé de convoyer une partie des journalistes accrédités sur le circuit, fait un bruit d'enfer ; limitant au minimum les échanges verbaux en plein ciel, à moins de hurler à pleine bouche à l'oreille de son interlocuteur.

Certaines mauvaises langues ont même trouvé une histoire entre cet énorme oiseau de fer et le conflit des Malouines (ou Falkland Islands) qui opposa, au début des années 1980, l'Argentine à l'Angleterre, autour de la propriété de cet archipel situé au large du Cap Horn, dans l'Atlantique sud.

C'est certainement leur façon, à ces médisants, de dire leur déception de n'avoir pas droit cette fois au Dash 8 scandinave qui les déposait traditionnellement d'un bivouac à un autre. Avec un charmant équipage civil, et parfois même une belle hôtesse blonde qu'à force de lorgner, ils oubliaient leur (parfois pénible) réveil avant l'aube dans la froidure du désert.

En lieu et place donc, c'est à un austère zinc de l'armée argentine et à des militaires stricts quoique corrects et sympa, qu'ils auront affaire deux semaines durant. Assis face à face les genoux se frôlant parfois comme dans le salon d'un ... car rapide, sur des banquettes et attachés à la manière des parachutistes, les journalistes ont assurément enrichi leur vécu sur le Dakar.

Mais finalement, ils n'ont pas trop à se plaindre, côté bruit s'entend. Cette année, leur « calvaire » dure juste le temps de rallier un point de chute à un autre à bord de ce Hercule C130. Et pas tous les jours d'ailleurs, puisqu'il leur arrive de voyager de nuit en ... bus, comme ces deux derniers jours.

Auparavant, avec l'importante flotte d'avions qui accompagnaient dans les airs la course sur les pistes, les nuisances sonores étaient quotidiennes. Les tympans étaient sur-sollicités sur tous les bivouacs qui se dressaient alors essentiellement sur des aéroports.

Avec les interminables atterrissages et décollages, de jour comme de nuit, sans oublier les « refuelling », ces gigantesques... libellules - grillons en fer leur avaient peut-être fait encore plus mal aux oreilles. Mais, comme c'est dans la nature de l'homme d'être rarement satisfait de son sort, on en entendra toujours qui se plaindront...

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