La Presse (Tunis)

Tunisie: Carence en vitamine A - la Tunisie légèrement concernée

N.chahed

6 Janvier 2009


L'iode, le fer et la vitamine A ont été identifiés comme les trois oligoéléments pour lesquels on constate le plus de carences. L'OMS, l'Unicef, ainsi que les gouvernements de tous les pays du monde se sont donc engagés à éliminer ces carences nutritionnelles d'ici l'année 2020.

Plus particulièrement, la vitamine A intervient, de façon remarquable, dans la vision, la différenciation cellulaire des tissus épithéliaux et dans plusieurs processus liés plus ou moins directement à la croissance, la reproduction et la réponse immunitaire.

L'OMS déclare, d'ailleurs, que la CVA (carence en vitamine A) est un problème de santé publique dans plus de 118 pays et touche environ 250 millions d'enfants d'âge préscolaire à l'échelle mondiale.

En Tunisie, l'Institut national de nutrition vient de publier, en collaboration avec l'Unicef et l'hôpital de La Rabta, une étude relative au statut en vitamine A de l'enfant tunisien.

Une enquête exhaustive a ainsi été réalisée dans le gouvernorat de Kasserine auprès de jeunes enfants de 5 à 7 ans. Les résultats obtenus ont ensuite été utilisés pour évaluer la situation dans les autres régions du pays.

Les principaux objectifs de cette étude se résument à quatre points essentiels, à savoir la recherche de l'avitaminose A et la détermination de son degré de sévérité et de son ampleur, , l'identification des déterminants de l'éventuelle carence, l'analyse quantitative et qualitative de la consommation alimentaire des enfants et la relation de cet apport avec le statut en vitamine A et l'évaluation, enfin, de l'état nutritionnel de ce groupe de population et la recherche des problèmes de malnutrition et leur relation avec l'avitaminose A.

L'enquête a permis de constater que 2,3% des enfants sont touchés par l'avitaminose A. Cette moyenne est répartie de façon homogène entre les milieux rural, urbain, rural aggloméré et rural dispersée, la prévalence de cette carence est aussi équitablement répartie entre les deux sexes.

Plusieurs facteurs, tels que la malnutrition, les maladies ou encore les infections fragilisent l'organisme des enfants et les rendent plus vulnérables vis-à-vis de l'avitaminose A.

Il s'est également avéré que les éléments végétaux, tels que la harissa, les carottes, la tomate, la courge, la khobbiza, la blette, la corète et le persil amènent l'essentiel des besoins quotidiens en vitamine A.

En somme, cette étude retient que le développement économique et social de la Tunisie a contribué au recul sensible de la plupart des problèmes sanitaires de type carentiel, notamment la maigreur, l'insuffisance pondérale, le retard de croissance, la carence en iode et la carence en vitamine D.

D'un autre côté, l'étude a permis de constater que l'analphabétisme est répandu parmi les tuteurs des enfants ce qui risque d'entraver une prise en charge adéquate des jeunes enfants.

Il faut reconnaître justement que la majorité des mères n'exercent aucune activité professionnelle et le tiers des pères sont chômeurs ou journaliers et la moitié sont des ouvriers ou des employés, ce qui rend l'accès à l'alimentation et aux soins de santé encore plus difficile.

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