Khaled Tebourbi
6 Janvier 2009
En n'alignant pas Bilel Ifa d'entrée et en gardant en jeu Sellami et Ben Yahia, hors du coup, Ben Chikha a probablement exagéré «sa crainte» de l'ESS. des points précieux se perdent ce faisant.
Ben Chikha ou le syndrome des sommets
«Quand on a vu la mort, on supporte bien la fièvre».
C'est par cette citation, en toute apparence «fataliste», que Ben Chikha a ponctué son commentaire de l'après-match CA-ESS (1-1). y avait-il vraiment «fatalité» dans ce nul concédé à domicile par un club africain lancé à la poursuite du leader espérantiste ?
Au regard du public clubiste, surtout des forces en présence et du jeu proposé de part et d'autre, force est de répondre par la négative.
La vérité est que, dimanche à Radès, le CA a raté une occasion unique, non seulement de rester dans la course, mais, encore d'occuper dès maintenant la précieuse deuxième place, qualificative à la ligue des champions.
Pourquoi ?
Simplement parce que l'adversaire étoilé manquait de deux de ses plus importants joueurs de base (Felhi et Bukhari).
Simplement, aussi, parce que l'Etoile n'avait pas entièrement récupéré le mental des grands chocs.
Simplement enfin parce que l'équipe clubiste est en ce moment supérieure par son excellente défense et la forme éblouissante de Dhaouadi et Tchala.
Or, ces trois atouts «rouge et blanc» n'ont étrangement pas pesé sur la rencontre de dimanche. Bien au contraire : pendant les premières quarante-cinq minutes, ce fut à l'ESS amoindrie et rajeunie de contrôler les opérations, voire de prendre l'initiative du jeu et même de mener au score.
Motifs : les choix de Ben Chikha qui se sera doublement fourvoyé à notre avis :
- D'abord, en n'alignant pas d'entrée Bilel Ifa, étincelent de forme, lui aussi, et qui aurait sûrement posé d'énormes problèmes à un Mériah par trop offensif sur le couloir gauche.
- Ensuite, en maintenant sur le terrain jusqu'à un stade avancé du match, un Oussama Sallami hors du coup et un Wissem Yahia qui avait manifestement la tête ailleurs.
Avec ces deux erreurs, le Club Africain aura, en fait, offert une mi-temps à son adversaire, et joué près de 80 minutes pratiquement à neuf!
Des mi-temps perdues !
Nombreux sont les observateurs qui énumérent encore les qualités de coaching de A. Ben Chikha. A juste titre, reconnaissons-le.
Mais ils ne sont pas peu, non plus, ceux qui critiquent sa «peur excessive» des grands chocs. Presque «une paranoïa», disent certains, à telle enseigne que très souvent, cette année, l'entraîneur algérien a perdu des mi-temps entières à sonder inutilement ses adversaires. Contre le ST, par exemple, contre le CSS à Sfax, et surtout, ce dimanche, contre une Etoile somme toute «prenable en la circonstance».
Tout cela se traduit par beaucoup de points perdus au classement.
C'est la conclusion que les clubistes attendaient le plus de A. Ben Chikha après ce week-end décisif dans la course au titre.
Les proverbes, de toute évidence, n'ajoutant ni ne retranchant rien aux problèmes du Club Africain.
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