Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: La Senelec condamnée à payer 4,3 milliards de pénalités pour cause de délestages

Ibrahima Diaw

6 Janvier 2009


La Commission de régulation du secteur de l'électricité (Crse) vient de sévir contre la Senelec pour défaut de fourniture de service de qualité. Les délestages vont coûter quelque 4 milliards de francs Cfa à la Société nationale d'électricité. En préjudice aux nombreux désagréments causés aux usagers.

Les membres de la Commission de régulation du secteur de l'électricité (Crse) peuvent se réjouir. Leur travail commence à porter ses fruits. Et c'est la Senelec qui en fait les frais. Pour preuve, la structure dirigée par Ibrahima Thiam, vient de sévir.

Elle a infligé à la société d'électricité une pénalité de 4,3 milliards de francs Cfa, pour défaut de fourniture de qualité du service public. Autrement dit, la Senelec est épinglée par la Crse pour les désagréments causés par ses délestages.

Une action menée grâce à ses nombreux mécanismes de contrôle sur la qualité du service offert par la Société nationale d'électricité et les ressources qui en proviennent, et en conformité avec les prérogatives pour sanctionner, financièrement, les carences et autres abus de la Senelec et le cas échéant la pénaliser.

Même s'il est difficile de mesurer avec exactitude l'ampleur de l'impact des délestages sur le pays en général, il est important de retenir que les entreprises en ont pris pour leur dose. Au point d'enregistrer de fortes baisses de productivité et de compétitivité, ainsi que d'importantes pertes de marchés.

Surtout celles qui sont essentiellement tournées vers l'exportation. A cela s'ajoutent les surcoûts de production enregistrés au niveau des entreprises.

Ces coûts sont essentiellement liés d'une part, à l'achat de groupes électrogènes et de fuel, d'autre part, au paiement d'heures de travail non productif et d'heures supplémentaires de rattrapage, et enfin au paiement de pénalités pour retard dans les délais de livraison. En sus des pertes de marché, de la détérioration des équipements de production, entre autres.

L'exemple de la société nationale La Poste, avec un niveau de consommation d'électricité assez modeste, est des plus révélateurs. Rien qu'en 2006, les délestages de la Senelec ont entraîné des pertes d'un impact multiple et profond au sein de cette société nationale qui ne pouvait plus fonctionner à temps continu, révélait son directeur général.

Les délestages avaient entraîné à l'époque une baisse du chiffre d'affaires de services comme le mandat-poste et Western Union. Un segment du transfert d'argent qui lui rapporte annuellement quelque 1,5 milliard de francs.

Cependant, le rapport d'intérêts évidemment divergents entre la Senelec, le consommateur et l'Etat ne peut en aucun cas occulter la pertinence ainsi que l'absolue nécessité d'adapter la facturation aux contraintes et autres objectifs de la Société nationale d'électricité.

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