Agence Nouakchott d'Information (Nouakchott)
6 Janvier 2009
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En vue de trouver, dans une approche consensuelle, une solution permettant le retour du pays à une situation constitutionnelle normale, les Etats Généraux de la Démocratie se sont tenus du 27 décembre 2008 au 5 janvier 2009, au Palais des Congrès à Nouakchott.
Les États généraux ont réuni prés de mille cinq cents participants issus de l'ensemble des horizons politiques et socioprofessionnels de notre pays : parlementaires, élus locaux, représentants des partis politiques, des institutions publiques indépendantes, des organisations non gouvernementales, des organisations syndicales et patronales, magistrats, avocats et autres auxiliaires de justice, ulémas, représentants des professions libérales, presse privée, universitaires et personnalités indépendantes.
Dans une démarche originale, ils ont associé et pour la première fois, des représentants venant de toutes les régions du pays et des représentants des colonies mauritaniennes à l'étranger.
Dans son discours d'ouverture, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, Président du Haut conseil d'Etat (HCE), Chef de l'Etat a estimé que cette rencontre « constitue le début d'un tournant important dans l'histoire de notre processus démocratique, car donnant l'occasion au peuple mauritanien, à travers ses représentants légitimes au parlement, dans les communes, les partis politiques et la société civile, d'examiner la situation politique actuelle et de définir les mécanismes nécessaires à l'organisation d'élections présidentielles démocratiques et transparentes, (...) de rechercher les points de faiblesse dans notre jeune système démocratique et les lacunes qui l'entravent pour l'adapter à notre situation politique, sociale et culturelle ».
Elle doit en particulier permettre « de définir la durée de la période de transition et la date des prochaines élections présidentielles ».
A cet égard, il a tenu à souligner « l'engagement du Haut Conseil d'Etat, à respecter les décisions et les recommandations qui feront l'objet d'accord de la part de la majorité des participants à ces Etats Généraux ouverts devant tous les acteurs politiques dans le pays sans exclusion ».
En signe de solidarité agissante avec le peuple frère de Palestine meurtri par l'agression barbare de l'armée israélienne lancée à l'aube du 27 décembre 2008 et qui perdure depuis, les participants ont tenu à observer une minute de recueillement en souvenir des glorieux martyrs de Gaza- et ont su multiplier tout au long de la manifestation, au diapason de la rue mauritanienne, les signes et déclarations de solidarité à l'endroit de la Palestine, y compris celles demandant la rupture des relations diplomatiques de la Mauritanie avec l'Etat d'Israël.
Les Etats Généraux de la Démocratie sont placés sous supervision d'une Commission nationale, présidée par une personnalité nationale indépendante, en la personne de Monsieur Abdallahi Ould Cheikh et comprenant trois membres du Gouvernement, cinq parlementaires et deux maires.
Les Etats Généraux sont organisés en sept ateliers thématiques :
- Organisation des pouvoirs publics (atelier I) ;
- Institutions politiques (atelier II) ;
- Organisation des élections (atelier III) ;
- Supervision et observation des élections (atelier IV) ;
- Calendrier électoral (atelier V) ;
- Société civile, médias et élections (atelier VI) ;
- Les maires comme acteurs de développement et le rôle des élus locaux dans le processus démocratique et électoral (atelier VII).
Les travaux de ces ateliers se sont poursuivis du 27 décembre 2008 au 5 janvier 2009, dans une atmosphère de liberté, de responsabilité, de franchise et de tolérance. Il faut reconnaître que cela a été facilité par une organisation particulièrement efficace, en dépit de l'ampleur de la manifestation et du nombre élevé des participants.
Les rapports de ces ateliers et la résolution de l'Assemblée Nationale sont annexés au présent Rapport et en constituent partie intégrante.
Compte tenu des importants enjeux de l'exercice et du principe de la liberté de parole donnée aux participants, les Etats Généraux de la Démocratie n'ont pas échappé à la tentation du débat général.
Dans ce cadre, plusieurs intervenants ont émis le souhait que le dialogue national ainsi amorcé soit ouvert à l'ensemble des acteurs politiques nationaux, dans une perspective de concorde nationale, de tolérance et d'esprit de pardon, en vue de parvenir rapidement à une sortie de crise consensuelle pour une Mauritanie réconciliée, forte, démocratique et prospère.
Certains participants ont tenu à rappeler, en revenant sur l'histoire lointaine et immédiate du pays, les problèmes et les opportunités d'aujourd'hui dans le cadre de l'évolution inexorable du pays vers plus de démocratie : ainsi chacun a pu donner ou entendre une version sur l'évolution politique du pays, la crise institutionnelle qui a conduit au mouvement du 6 août 2008 et ses répercussions actuelles, et sur les meilleurs solutions pour ancrer définitivement la démocratie dans le pays...
Les participants et parfois les partis politiques ont rappelé l'intérêt stratégique de certaines valeurs nationales majeures ou demandes sociales : l'Islam et sa place centrale dans la société, la démocratie, l'unité nationale, l'éradication des séquelles de l'esclavage à travers notamment l'application effective de la loi criminalisant cette pratique, le retour et la bonne insertion des réfugiés, la prise en compte du problème des rapatriés du Sénégal, la régularisation de la situation des militaires exclus de l'armée, le règlement définitif du passif humanitaire, l'officialisation et la promotion de toutes les langues nationales, la révision des grilles de programmes des médias officiels, le partage équitable du pouvoir et des richesses nationales, la réforme de l'état civil.
De nombreux orateurs ont souligné la nécessité de promouvoir la bonne gouvernance et le contrôle citoyen, de moraliser la vie publique, notamment par la lutte contre la corruption et le respect des règles de transparence.
Une forte demande de justice sociale a été exprimée à travers le rejet de l'exclusion, l'appel à l'égalité des chances et à la lutte contre la pauvreté et l'ignorance.
Le statut de la femme et sa place dans la société et la vie politique a intéressé plus d'un orateur, généralement très favorables. Les participantes ont d'ailleurs tenu à défendre et ont su faire accepter, dans une démarche collective et pacifique, l'acquis du quota de 20% réservé aux femmes pour l'accès aux postes électifs, en attendant que ce quota soit porté à 33% en 2015, conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement. Le renouvellement de la classe politique ou encore la promotion de la participation des jeunes aux centres de décisions et aux postes électifs ont été évoqués.
Ces différents points de vue qui ont eu des échos différenciés pour ne pas dire contrastés pour certains d'entre eux ont permis aux intervenants d'évoquer ou de revenir sur des questions jugées importantes pour souligner les avancées, les retards, les cohérences ou incohérences des politiques suivies en la matière et faire les propositions qui leur paraissent appropriées pour ancrer le pays dans la stabilité, la démocratie et le développement durable.
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