Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Les pétroliers de Goma rejettent une nouvelle taxe

7 Janvier 2009


Kinshasa — «Trop d'impôts tuent l'impôt». Ce principe fiscal se justifie à Goma, capitale de la province. Les distributeurs des produits pétroliers le font expérimenter aux autorités provinciales du Nord-Kivu. Ils rejettent l'application des mesures imposant une nouvelle taxe sur les camions citernes. La taxe dite de santé, de l'ordre 800 USD par camion, instituée par la province est boycottée par les propriétaires des stations. Du coup, le prix du transport en commun a connu de perturbation du fait que le litre d'essence se vend chez les « Kadhafi » (petits détaillants) à 1.500 ou 2.000 Fc, alors qu'il ne coûte habituellement à la pompe que 900 Fc, conformément au tarif décidé par le ministre André-Philippe Futa de l'Economie nationale le 31 décembre 2008.

Toutes les stations-services opérationnelles à Goma n'ont pas fonctionné hier mardi. Nos confrères de la radio onusienne qui ont sillonné cette ville ont constaté que toutes les stations services étaient fermées. Une façon pour les pétroliers de dire non à la taxe de santé leur imposée par les autorités de la ville.

Christian Lumanga, porte-parole des pétroliers, explique : «Les pétroliers réclament, il y a de cela belle lurette, comme quoi, ils ne pouvaient pas payer cette taxe. Parce que cette dernière ne figure pas sur les structures des prix du pétrolier. C'est pourquoi, les pétroliers réclament soit que la dite taxe soit mentionnée dans la structure des prix, soit qu'on la supprime simplement».

La décentralisation en cause

Cette grève des pétroliers entraîne déjà la flambée du prix du litre chez les petits détaillants. Du coup, la course de taxi-moto est fixée selon l'humeur du motard. La grève risque d'affecter aussi le secteur aérien. Réunis dans les installations de Sep-Congo hier mardi avant-midi, les pétroliers ont interdit tout ravitaillement de l'aéroport de Goma en carburant. Ce qui peut créer la rupture de stock.

Pour résoudre la crise, une réunion s'est tenue hier mardi dans l'après-midi au bureau de Sep-Congo, entre les autorités provinciales et une délégation des pétroliers. La ville de Goma compte une trentaine de stations-services dont une vingtaine opérationnelle et une dizaine en chantier. Toutes appartenant aux privés. Ainsi qu'on le constate, la décentralisation donne des idées à certains gestionnaires.

Tous sont préoccupés par le renflouement de leurs caisses par tous les moyens. Il est ainsi temps que les autorités centrales établissent des règles claires pour le bon encadrement des institutions provinciales. Il est clair qu'aucune taxe ne peut-être réclamée aux usagers, si elle n'est pas reprise dans la liste officielle des taxes. Mal appliquée, la décentralisation peut causer des effets contraires, notamment en amenuisant les recettes.

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