I.haouari
7 Janvier 2009
Face à une production nationale d'hydrocarbures limitée, conjuguée à une demande croissante en électricité et à une fluctuation importante du prix du baril de pétrol à l'échelle internationale, le nucléaire civil s'impose comme une alternative nécessaire et même incontournable dans les prochaines années afin d'assurer la viabilité et la qualité de la production d'électricité en Tunisie.
Le recours à ce type d'énergie présenterait, en effet, de multiples avantages, dans la mesure où il favorise, d'une part, l'indépendance par rapport à d'autres sources d'énergie comme le gaz naturel utilisé, à raison de plus de 80% dans la production d'électricité, et permet, d'autre part, de réduire les émissions de dioxyde de carbone. La Steg a déjà procédé, au cours de la période allant de 1979 à 1986, à des études visant à identifier les mesures à prendre pour développer l'électronucléaire en Tunisie.
Celles-ci ont permis d'évaluer la date optimale de l'introduction de l'électronucléaire à l'horizon 2020 pour un palier de 600 MW, de prospecter et de sélectionner quatre sites potentiels et d'élaborer des projets de textes réglementaires régissant l'activité nucléaire. Le cadre législatif a déjà commencé à être mis en place.
Ce dernier s'articule autour de plusieurs composantes, dont la création d'un groupe de travail législatif placé sous l'égide de la Commission nationale de l'énergie atomique (Cnea), la préparation d'un projet de texte de loi relatif à l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, l'élaboration d'un projet de texte relatif à la création de l'Agence nationale de l'énergie nucléaire, ainsi que celle d'un décret pour la définition des structures et des attributions de l'Agence.
Déjà, les premiers pas
Quant à la mise en place du programme nucléaire proprement dit, il nécessite une très longue période pouvant s'étendre jusqu'à seize ans. Ce dernier se base sur l'engagement officiel de l'Etat dans un programme électronucléaire s'étendant sur quatre ans, sur le lancement de l'appel d'offres pour la réalisation de la première centrale nucléaire et enfin sur la construction et la mise en service de cette dernière.
Des actions ont déjà été entreprises dont l'initiation d'une étude de faisabilité sur l'électronucléaire, l'organisation d'un atelier de formation au profit des cadres de la Steg et des autres institutions et le développement de trois scénarios relatifs à la demande énergétique à l'horizon 2007.
La réalisation des études de faisabilité pour l'implantation d'une centrale nucléaire s'effectuera sous la forme d'actions qui seront entreprises soit par des bureaux d'études spécialisés, soit avec l'assistance technique d'experts étrangers afin de pouvoir bénéficier du retour d'expérience. Ces études incluant les divers aspects (géotechnique ) ont déjà démarré. Enfin, le projet de texte de loi sur l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire ainsi que les décrets d'application sont en train d'être finalisés. Ces projets seront soumis à la Commission nationale de l'énergie atomique (Cnea).
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