Adel Latrech
7 Janvier 2009
La galerie Yahia, nichée au Palmarium, accueille depuis le 20 décembre 2008 et jusqu'au 15 janvier 2009 l'exposition de l'artiste-peintre Houda Ajili, une habituée des cimaises qui a bourlingué ses toiles un peu partout en Europe et, bien sûr, en Tunisie.
Au nom d'une unité créative qui abolit les frontières entre les multiples tendances et courants de la peinture, en les soumettant à l'engagement de l'artiste à s'impliquer dans le combat en vue de rétablir l'harmonie qu'elle considère comme étant menacée de perdition avec toutes ces nouvelles conceptions architecturales qui fleurissent dans certains quartiers résidentiels supposés chics que se décline l'exposition intitulée «Médina».
Houda Ajili y a mis en évidence son désir profond d'ancrer dans le mental de ses concitoyens le retour à une tradition séculaire riche de prémisses rassurantes et réconfortantes quant à l'avenir de sa médina.
Elle en a redessiné les espaces architecturaux en les rendant flexibles, aérés, ouverts les uns aux autres et, en même temps, perméables à la vie qui se déroule au-delà de ses façades onduleuses.
L'artiste a voulu démontrer par le biais des portes que la réalité bicéphale de Tunis est partagée entre une ville européenne ou moderne où domine un vide esthétique et une médina qui, autrefois, dédaignée, s'achemine, aujourd'hui, vers un progressif embaumement selon les règles déformantes d'un Orient vu avec les yeux de l'Occident.
C'est contre ces déviations que se décline sa démarche tout empreinte de la volonté de demeurer attachée aux traditions architecturales classiques.
Dans ce contexte, Houda Ajili se retrouve dans son élément naturel; une médina au pittoresque exotique et grouillant, encore agissant jusqu'à nos jours.
Contre, aussi, le rigide quadrillage de la ville dite européenne, aux larges avenues rectilignes et géométriques, coupées à angle droit, l'artiste oppose une médina tortueuse, labyrinthique, compacte, aux ruelles étroites et aux arcs voûtés et sombres.
L'état d'âme des couleurs
Onduleuses et dynamiques, exubérantes et multiformes, les couleurs chez Houda Ajili s'étalent et s'éclatent dans une explosion détonante de radiations si lumineusement belles qu'elles finissent par animer et transfigurer tous ces diptyques, triptyques et autres, à plusieurs panneaux, fixes ou détachés.
Des couleurs si appropriées au monde onirique de la médina, né des fusions profondes entre les strates ethniques de sa population.
Des couleurs, par moment, si violentes, mais souvent reposantes, qui subliment le langage riche en créativité, loin de ce pastiche stylistique, emphatique et superficiel, en vogue chez certains artistes au talent précaire et non encore accompli.
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