Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Transit portuaire - 56 000 tonnes de coton malien attendues

Théodore Kouadio

6 Janvier 2009


Abidjan — L'Office ivoirien des chargeurs (Oic) a procédé, le 06 janvier, au lancement officiel de la campagne de convoyage du coton fibre malien en direction du Port autonome d'Abidjan (Paa). Au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue au siège de ladite structure à Treichville, ses responsables et ceux du Paa ont révélé qu'ils espèrent faire transiter pour cette campagne 2008/2009, 56.000 tonnes de coton de ce pays par le port d'Abidjan.

Le directeur des infrastructures et de la facilitation des transports de l'Oic, N'doumé J. Patrick, a expliqué que ces 56.000 tonnes de coton représentent 70% de la production totale du Mali. Avant de préciser que du 1er au 5 janvier, 2 convois de 48 camions transportant près de 1500 tonnes de coton sont rentrés au Port d'Abidjan. «A ce jour, nous sommes à 4,05% de la prévision», a-t-il commenté. N'doumé a aussi indiqué qu'un convoi de 40 camions a quitté ce jour le poste frontalier de Pogo entre la Côte d'Ivoire et le Mali.

«Nous aurons une fréquence de 2 convois par semaine. De sorte à évacuer la production qui transite par la Côte d'Ivoire d'ici à 4 mois», a ajouté le directeur des infrastructures et de la facilitation des transports de l'Oic. Lago Jonas, chef du département facilitation des transports de l'Oic, lui, a tenu à révéler quelques difficultés rencontrées en ce début de campagne. En effet, pour ces deux premiers convois, ils ont observé des prélèvements de taxes non prévues. Il s'agit, selon lui, des taxes de pesage et de sécurité imposées par des éléments des Forces armées des Forces nouvelles à Bouaké.

C'est pourquoi, il a plaidé auprès du Premier ministre Guillaume Soro et des chefs militaires des Fafn afin de les supprimer. «Il faut qu'on s'en tienne qu'aux frais de route déjà existants qui permettent d'assurer le convoyage et la fluidité des camions en zones Cno par les Fafn et de Tiébissou à Abidjan par les forces de défense et de sécurité (Fds).» Les propos de M. Lago ont été appuyés par Gbalou Jean Joseph, assistant du directeur commercial et marketing du PAA.

En effet, il a souligné la nécessité de supprimer ces tracasseries dont sont l'objet les productions de l'hinterland. Pour lui, ces pratiques ne permettent pas au port d'être compétitif vis-à-vis des autres ports de la sous-région. «Des efforts sont faits par le Paa pour reconquérir les pays de l'hinterland. Cette bataille doit être soutenue par l'ensemble des Ivoiriens. Car la Côte d'Ivoire a besoin de ressources pour son développement.», a-t-il indiqué. Avant d'insister sur le fait que cela est crucial, surtout en cette période où il est question de financement du processus de sortie de crise.

L'année dernière, pendant la campagne cotonnière, plus de 60.000 tonnes de coton fibre du Mali sur une production annuelle de 80.000 tonnes ont été convoyées à destination de la Côte d'Ivoire, soit 75,56 %. Quant au Burkina Faso, ce sont plus de 11.000 tonnes de coton qui ont transité par le Port autonome d'Abidjan.

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