Pierre Emangongo & Bienvenu Ipan
9 Janvier 2009
Kinshasa — Les participants aux Etats généraux de la démocratie en Mauritanie ont préconisé des modifications constitutionnelles dont l'article concernant l'élection du président de la République. De son côté, le Front opposé au putsch dénonce un forcing pour faire élire le général M. O. Abdel Aziz en pseudo-président de la République. Allégation qui rejoint la position d'un analyste qui qualifie ces Etats généraux de diversion.
La majorité des participants aux Etats généraux de la démocratie (EGD), tenus du 27 décembre 2008 au 6 janvier 2009 dans la capitale mauritanienne, ont préconisé une modification partielle de la Constitution, a rapporté Chine nouvelle citant le mardi 6 janvier 2009 des sources en provenance de la capitale Nouakchott. Il s'agit notamment des articles concernant l'élection du président de la République et sa destitution, l'équilibre des pouvoirs du chef de l'Etat et du parlement, et la définition d'un statut constitutionnel des forces armées.
Le rapport final de ces consultations lu et approuvé, le lundi 5 janvier 2009 en séance plénière dont la copie est parvenue à l'APA, révèle que certains participants ont suggéré le réaménagement, la suppression ou la fusion sous plusieurs variantes des autres institutions constitutionnelles (Sénat, Haut Conseil islamique, Conseil constitutionnel et la Cour des comptes). Le document indique aussi que plusieurs participants ont déploré le caractère pléthorique des partis politiques et demandé la mise en oeuvre de mesures incitatives pour leur regroupement en entités viables.
Diversion
Pour ce qui est de l'interdiction des candidatures indépendantes, le document précise que le thème a été abondamment abordé par certains participants qui ont indiqué qu'il est à la source du blocage institutionnel constaté. Au sujet du calendrier électoral, les participants ont opté à titre indicatif pour la tenue du 1er tour de l'élection présidentielle le samedi 30 mai 2009 et le second tour le samedi 13 juin 2009, précise le rapport.
De leur côté, le président déchu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et la coalition qui le soutient boycottent ces concertations initiées par la junte au pouvoir depuis le 06 août 2008, pour préparer le retour à la vie constitutionnelle normale. Cette position recoupe aussi l'assentiment des responsables de Coordination des forces du changement (CFC), une coalition regroupant plusieurs partis politiques, centrales syndicales et organisations de la société civile mauritanienne.
Au cours d'une conférence de presse tenue le mercredi 6 janvier 2009 à Nouakchott, M. Bodiel Ould Houmeid, président du Front national pour la défense de la démocratie (FNDD) a assimilé ces conclusions «prédéfinies» à «un forcing pour faire élire le général Mohamed Ould Abdel Aziz en pseudo-président de la République par un scrutin entièrement contrôlé», à l'image des assises.
Un analyste considère que ces Etats généraux ne sont qu'une simple diversion étant donné qu'il existe déjà un président démocratiquement élu en Mauritanie. Ce qui signifie qu'il n'est pas question d'élire un nouveau président mais de réhabiliter Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi dans ses droits.
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